Canada 12-12 Japon
Temps frais, petit vent, pluie fine intermittente...
La dernière chance pour chaque équipe, puisque le Japon a pris de lourdes défaites, et le Canada... il ne lui reste que l’Australie à jouer, dès samedi... nul doute que la meilleure équipe de chaque pays est sur le terrain ce soir.
Beaucoup de combat dans cette première mi-temps, avec des Canadiens un peu empotés, assez lents dans leurs libérations, qui ont systématiquement cherché l’affrontement au ras des mauls, face à des Japonais qui défendent très très bien.
Pendant une dizaine de minutes les équipes se sont observées, puis est venu l’éclair de cette première période : l’ailier Kosuke Endo jaillit au ras d’une touche, déborde le 3è ligne qui verrouillait, et va cadrer et déborder l’ailier adverse pour pointer un essai tout en vitesse et en détermination.
Le reste ? Des grosses séquences canadiennes, bien contrées par les Japonais, qui ont très bien résisté à la puissance des Canucks en les plaquant très tôt et très bas. Très agressifs, très vifs et se replaçant très bien, le XV du Japon n’a pas cédé.
Le tournant du match
La conquête, il faut dire, est très partagée. Chacun a plus ou moins ses ballons, même si quelques maladresses ou fautes font perdre quelques balles. A partir de la 25è minute, les Canadiens ont mis la main sur la balle et ne l’ont plus quittée.
A 14 à la fin de la mi-temps, ils ont infligé une séquence de plus de 5 minutes de pilonnages, d’un côté à l’autre de la ligne d’embut japonaise. Sans résultat, le n°15 de Montauban Myke Pyke finissant par faire un en-avant devant la ligne.
La reprise sera du même tonneau que la fin de la première période. Malgré des lancers en touche par le n°8, Carpenter, complètement ratés, les Canadiens vont user les Japonais à force de pilonnages. Les Japonais, eux, utilisent un autre style de jeu, tout en évitement et en vitesse, mais souvent les Canadiens récupèrent les ballons après les plaquages.
Pour l’anecdote, à la 59è, les jumeaux Petch, pilier et talonneur, seront sur le terrain ensemble... le petit événement portera bonheur aux joueurs à la feuille d’érable, puisque sous l’impulsion d’un Morgan Williams retrouvé, ils tenteront et réussiront un petit côté d’école : départ de Williams, chistera très rapide pour son ailier, qui poursuit au pied... et est séché sans ballon. Pénalité, les Canadiens jouent toujours petit périmètre, gagnent mètre par mètre... Morgan Williams est très volontaire, on sent que lui seul peut faire basculer le match... Les Canadiens s’écroulent dans l’en-but : l’arbitre vidéo invalidera l’essai. Ce n’est que partie remise, puisque quelques instants plus tard, le talonneur Riordan s’effondrera en coin pour l’égalisation.
Les Japonais sont à l’agonie. Ils ne voient plus un ballon... Les Canadiens ne mettront qu’un quart d’heure à faire basculer le score : Van der Merwe, le remuant n°14 canadien, après plusieurs appels sur son aile opposée, recevra une passe au pied et ira aplatir l’essai de la victoire, pense-t’on alors.
Un quart d’heure de folie
Les 15 dernières minutes seront épiques. Se ruant à l’assaut de la ligne canadienne sous les hourras de la foule, les Japonais ne lâcheront rien. Menés de 7 points, il leur faut un essai...
Après une fin de match agonisante contre les Fidji, et 5 minutes d’arrêts de jeu passés à attaquer dans le camp fidjien sans pouvoir marquer un essai (défaite 35-31), les Japonais de John Kirwan ont récidivé cet après-midi. Ils se sont rués à l’attaque comme jamais. Ils sont récompensés après plus de 4 minutes d’arrêts de jeu par un essai de leur remplaçant Koji Taira, que transforme sans trembler Shotaro Onishi, pour arracher le match nul ! Encore une fois le public est derrière les supposés petits, et ils hurlent pour encourager les Japonais. Cette fin incroyable viendra compléter le bonheur.
À noter qu’aucune des 2 équipe n’a tenté une pénalité, de tout le match. Je n’ai pas souvenir d’un match de Coupe du Monde où aucune pénalité n’a été tenté. Franchement, malgré la mise en route un peu lente, je pense que les spectateurs bordelais garderont un excellent souvenir de ce match. Magnifique par l’engagement de chaque équipe, la lutte serrée et épique que nous ont offert ces soit disantes « petites équipes ». Sachez-le, Messieurs-dames, les Japonais et les Canadiens sont de grands rugbymen. Ils sont grands par le cœur qu’ils ont mis à offrir un extraordinaire spectacle aux Bordelais. Merci !
Cette « victoire » permet aux Japonais de rester 4e du groupe devant le Canada, puisqu’ils avaient pris le point de bonus défensif contre les Fidji, ce que n’ont pas fait les Canucks. Il reste un match aux Canadiens, face à l’Australie, mais ça sera très très dur pour eux d’aller chercher un quelconque point de bonus. Petit revers pour le Canada, puisque les Canucks avaient toujours gagné au moins un match dans chaque Coupe du Monde.
Canada
2 essais : Riordan, Van der Merwe
1 transformation : Pritchard
Japon
2 essais : Endo, Taira
1 transformation : Onishi
Roumanie 14-10 Portugal
Le Portugal et ses supporters ont rêvé pendant une bonne partie de la rencontre d’un succès historique pour la première participation du Portugal à la Coupe du Monde. Menant 7-0 à la pause grâce à un essai de leur talonneur-capitaine Joaquim Ferreira. Mais en seconde période, les Portugais craquent finalement sous la pression des avants roumains qui marquent d’abord par le talonneur remplaçant Marius Tincu. Gonçalo Malheiro, entré en jeu côté portugais pour son jeu au pied fait ce qu’on attendait de lui en redonnant l’avantage aux « Lobos » en marquant 3 points sur une pénalité à 12 minutes de la fin du match. Mais le puissant 3e ligne roumain Alexandru Manta vient briser les rêves portugais en marquant le 3e essai du match, que transforme Dan Dumbrava pour donner à la Roumanie une victoire méritée pour le rugby roumain. Le Portugal quitte la compétition la tête haute, après avoir marqué 1 essai à chaque match, même à la Nouvelle-Zélande, et pris 1 point de bonus ; nul doute que les joueurs portugais auront de belles choses à raconter de retour au pays...
Roumanie
2 essais : Tincu, Manta
2 transformations : Calafateanu, Dumbrava
Japon
1 essai : Ferreira
1 transformation : Pinto
1 pénalité : Malheiro
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