Mais QUI sont les Namibiens ?
S’il est une chose étonnante en rugby, c’est bien la capacité qu’ont parfois certaines équipes à se transcender. Souvent occasionnel, l’événement qu’est une Coupe du Monde peut amener des joueurs moyens à élever leur niveau dans le collectif.
Déjà l’on peut noter que beaucoup de leurs joueurs jouent dans des championnats amateurs. La plupart jouent en Afrique du Sud.
La vedette de l’équipe est incontestablement le capitaine Kees Lensing. Ce puissant pilier joue pour la province Sud-Africaine des Blue Bulls. Cette saison il est allé avec son équipe en finale de Super 14. Il joue aussi la Currie Cup. Expérimenté, pro... son rôle est d’être le meilleur et d’emmener son pack.
Dimanche dernier, il tint ce rôle à merveille. Les Namibiens ont récupéré beaucoup de ballons dans les zones de plaquage (rucks) : or on a vu que contre l’Argentine c’était LA grosse faiblesse de l’équipe de France. Omniprésents dans une défense au près très compacte, les avants namibiens reposent aussi leur jeu au ras sur l’agile et puissant Jacques Burger (qui vient de signer à Aurillac, en Pro D2). Déplacé du couloir à l’aile de la 3è ligne, ce joueur vous stoppe un départ de Chabal si besoin (rire). A noter que la 3è ligne namibienne est composée uniquement de flankers, un signe de leur détermination à ne pas laisser la France jouer autour des regroupements. Par contre elle perd l’expérimenté Senekal, qui jouait sa seconde Coupe du Monde.
En touche, les Namibiens peuvent compter sur le grand 2è ligne Kazombiaze, qui a fait des misères à O’Connell et O’Callaghan à Bordeaux.
La mêlée est elle aussi très puissante, autour d’un talonneur de fort gabarit.
La charnière, très classique, voit Wessels passer ses coups de pied comme un professionnel. La sanction tombe dès qu’on fait des fautes dans ses propres 40m.
La ligne de 3/4, solide, « à la SudAf », ne compte pourtant pas que des bras cassés. Le duo D’Ardy-O’Driscoll a eu bien du mal à passer en attaque, et surtout s’est fait surprendre en défense, lorsque l’intenable ailier Ryan Witbooi a surgi. Très remuant, un peu à l’image de notre Vincent Clerc, Witbooi n’hésite pas à intervenir dans la ligne d’attaque, relance les ballons qu’il touche, et surtout ne perd aucun ballon. C’est lui qui offrit à Nieuwenhuis son essai par une splendide percée dans la défense irlandaise à Bordeaux, sous les HOURRA enthousiastes de la foule. Et puis Witbooi a été désigné « homme du match »...
L’arrière, Losper, est très quelconque. Son jeu au pied est assez faible, et sa défense friable.
Il y a bien sûr de quoi passer, surtout que cette fois les Namibiens ne disposeront pas de l’appui inconditionnel et fervent du public de Chaban-Delmas (Lensing a même déclaré qu’ils n’avaient jamais eu autant de public acquis à leur cause !). Au contraire l’équipe de Toulouse, euh, de France, sera largement soutenue par son public.
Composition de la Namibie :
1 Kees Lensing (c) 2 Hugo Horn 3 Jane du Toit
4 Wacca Kazombiaze 5 Nico Esterhuize
6 Jacques Burger 8 Jacques Nieuwenhuis 7 Michael MacKenzie
9 Jurie van Tonder 10 Emile Wessels
11 Heini Bock 12 Piet van Zyl 13 Bratley Langenhoven 14 Ryan Witbooi
15 Tertius Losper
Remplaçants :
16 Johannes Meyer
17 Johnny Redelinghuys
18 Herman Lindvelt
19 Tinus du Plessis
20 Eugene Jantjies
21 Lu-Wayne Botes
22 Melrick Africa