jeudi, 23 mai 2013|
 

Afrique du Sud : changement d’ère

2007, John Smit est le capitaine des Springboks, qui deviennent Champions du Monde, sous l’égide de Jake White. Smit, Matfield, Botha, Habana, du Preez sont les meilleurs du monde à leur poste, et font la fierté de l’Afrique du Sud.

Après le Mondial, la fédération sud-africaine doit alors choisir un nouvel entraîneur. D’un côté Heineke Meyer, qui vient de conduite les Bulls au titre en Super 14, et qui a remporté plusieurs Currie Cup avec la province de Pretoria. De l’autre, Peter de Villiers, entraîneur peu connu des moins de 21 ans, qui n’a jamais rien gagné.

Tout le monde plébiscite Meyer, mais il a un désavantage, il est Blanc. Et l’ANC au pouvoir en Afrique du Sud veut un entraîneur Noir, pour poursuivre le processus dit de transformation, qui vise à intégrer plus de joueurs Noirs dans les sélections nationales.

Peter de Villiers est donc choisi. Dès son arrivée, il est déjà décrié et critiqué, avant même son premier match avec les Boks. Sa communication n’est également pas à son avantage ; sa première langue est l’Afrikaan, sa 2e l’anglais, une langue avec laquelle il commet des fois des erreurs ou des approximations. De plus, il a parfois des idées étranges, qu’il ne peut s’empêcher de dévoiler à la presse, qui le tourne en ridicule. Donc, un départ déjà difficile, pour celui qui a lourde tâche de faire ce qui n’a jamais été fait, conduire une nation à un 2e titre mondial consécutif.

Pour ses débuts réels en 2008, PdV sélectionne une équipe proche de celle championne du monde 2007, et termine l’année sur un bilan de 9 victoires contre 4 défaites, restant invaincu contre les nations du Nord et l’Argentine, mais avec un bilan de seulement 2/6 contre les rivaux australiens et néo-zélandais avec une dernière place des Tri-Nations.

2009 est l’année glorieuse de PdV ; les Springboks remportent en effet leur série face aux Lions britanniques, avec l’éclosion de Morné Steyn à l’ouverture et de Heinrich Brussow en n°6, puis les Tri-Nations Series. C’est également la gloire pour les Smit, Matfield, Botha, Fourie, Du Preez et les autres, qui auront alors tout gagné avec leur équipe nationale.

2010, le système ne fonctionne plus. De Villiers n’a rien fait depuis 2007, continuant à se baser sur le corps de l’équipe championne du Monde oubliant que les organismes vieillissent. Et un an avant le Mondial, il ne se risque pas à introduire de nouveaux jeunes joueurs, malgré les blessures de Du Preez et Brussow. Il domine certes les nations du Nord (7/8), mais les Boks perdent leurs 6 matchs des Tri-Series.

2011, PdV ne change presque rien. Dans son squad pour le Mondial, il emmène 18 Champions du Monde, et introduit tout de même la nouvelle perle du rugby sud-africain, Patrick Lambie, tout en rappelant François Steyn, un joueur dont on ne peut pas se passer. Le résultat on le connait.

Certainement la vieille garde a voulu pousser trop loin. Peut-être aurait-il fallu se retirer en 2009, et laisser la place aux jeunes...

Et maintenant ?

Retraite internationale pour deux géants du rugby sud-africain : John Smit, 111 sélections, qui a tout gagné sous le maillot national (Coupe du Monde, série contre les Lions britanniques, 2 Tri-Nations) et qui détient le record mondial de sélections en tant que capitaine (76 !) et Victor Matfield, 110 sélections dont 17 comme capitaine, qui lui a tout gagné pour un Sud-Africain (les mêmes que Smit en équipe nationale, plus 3 Super 14 en tant que capitaine des Bulls et 3 Currie Cup). Smit a signé pour deux ans avec les Saracens, tandis que Matfield pourrait prendre sa retraite.

D’autres de cette génération dorée vont également se retirer du rugby international, comme Fourie du Preez (62 sélections, même palmarès que Matfield), et Danie Rossouw (63 sélections, même palmarès que Matfield) qui vont tous deux vers le Japon ; Bakkies Botha, en partance pour Toulon, Butch James, de retour à Johannesburg, mais en concurrence avec trop de jeunes talents, ainsi que Jean de Villiers et Guthro Steenkamp en partance pour le nord, ou encore CJ van der Linde, qui va surement se retirer, ne devraient plus être dans le coup l’année prochaine.

La relève est là !

La relève est là dans le camp sud-africain. John Smit est décrié depuis 2/3 ans, car il n’est plus le meilleur talonneur d’Afrique du Sud. Bismarck du Plessis est même considéré par beaucoup comme le meilleur talonneur au monde, et devrait donc enfin s’approprier le n°2 des Springboks.

A ses côtés, son frère Jannie du Plessis est encore en forme, et on devrait également retrouver Tendai ’’Beast’’ Matwira, et voir arriver les nouveaux Connie Oosthuizen, WP Nel et Dean Greyling, qui brillent en Currie Cup.

En 2e ligne, fin du règne de la paire Botha/Matfield. Andries Bekker et ses 2m04, blessé pour le Mondial, devrait s’approprier un des deux postes, avec Flip van der Merwe et Gerard Mostert en compétition pour le second.

En 3e ligne aile, Heinrich Brussow, Schalk Burger et Juan Smith sont loin de la retraites, avec Jean Deysel et Juandre Kruger qui vont leur mettre la pression.

En n°8, Pierre Spies est toujours là, avec Willem Alberts et Nick Koster qui sont embuscade.

En n°9, François Hougaard est l’homme de la situation, peut-être secondée par Sarel Pretorius ou Jano Vermaak, tous deux omis par PdV malgré leurs excellentes performances à répétition en Super Rugby.

A l’ouverture, ça va être compliqué pour Morné Steyn de conserver son poste, tant le rugby sud-africain semble béni en n°10. Il suffit de regarder la Currie Cup, où des jeunes de 19/20 ans sont lancés dans le bain, et réalisent des performances extraordinaires. Pat Lambie, utilisé en 15 par PdV semble être la solution, tandis que derrière Johan Goosen des Cheetahs, Elton Jantjes des Lions, ou encore Sias Ebershon, également un Cheetah.

Aux ailes, Habana et Pietersen n’ont pas pris leur retraite mais leur niveau actuel peut faire réfléchir, et ça pousse aussi derrière, avec Mvovo, Basson, van Heever, ou encore la nouvelle trouvaille de la Western Province cette saison, JJ Engelbrecht.

Au centre, François Steyn semble indiscutable, avec Jacque Fourie, Juan de Jongh étant en couverture. Mais Pat Lambie pourrait aussi bien jouer 12, ça dépendra du système de jeu mis en place par le nouvel entraîneur. Robert Ebershon, une star du rugby à 7, n°13 des Cheetahs, de même que François Venter (Bulls) ou Doppies La Grange (Lions).

A l’arrière, on pourrait retrouver Lambie, mais il faudrait le fixer à un poste, au risque de briser ce jeune talent, comme Brent Russel ou Ruan Pienaar avant lui. Riaan Viljoen ou Rudi Voigt (Griquas), l’excellent arrière des Lions Jaco Taute, ou encore le solide Hennie Danniler (Cheetahs) pourraient apparaître sur la scène internationale.

Mes 22 pour 2012

- 1 Tendai ’’Beast’’ Matwira
- 2 Bismarck du Plessis
- 3 Jannie du Plessis
- 4 Andries Bekker
- 5 Flip van der Merwe
- 6 Heinrich Brussow
- 7 Juan Smith
- 8 Wilhem Alberts
- 9 François Hougaard
- 10 Patrick Lambie
- 11 JJ Engelbrecht
- 12 François Steyn
- 13 Jacque Fourie
- 14 Gerard van Heever
- 15 Jaco Taute

- 16 Chiliboy Ralepelle
- 17 Dean Greyling / Connie Oosthuizen
- 18 Gerard Mostert
- 19 Nick Koster
- 20 Jano Vermaak
- 21 Johan Goosen / Elton Jantjes
- 22 Juan de Jongh

Mais l’important est, que cette fois, les joueurs soient vraiment sélectionnés sur leur niveau et leur forme, et pas sur des critères politiques, comme sous l’ère PdV, où de jeunes joueurs talentueux n’ont pas eu droit à leur chance.

Et tout dépendra du prochain entraîneur...

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