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Cinquième
journée .
Pour la
sixième fois de son histoire, la première depuis le passage à six
nations, le Tournoi propose lors de l'ultime journée une apothéose
entre deux équipes invaincues et en lice pour le Grand Chelem. Cette
véritable finale de la compétition entre l'Irlande et l'Angleterre
aura lieu ce dimanche à Dublin. Les deux rencontres du samedi, France
- Galles et Ecosse - Italie, ne serviront qu'à distribuer les accessits
et à déterminer le classement final de l'édition 2003.
Cette cinquième journée débutera samedi dès 14 h au Stade
de France, où la France accueillera le Pays de Galles. Pour s'être
incliné d'entrée en Italie avant de faire face à un calendrier particulièrement
ardu, le XV du poireau se retrouve à présent sous la menace de la
troisième " Cuillère de bois " de son histoire en cas de défaite à
Paris. Bien qu'ayant démontré de l'orgueil contre l'Angleterre avant
de flirter l'espace d'une centaine de seconde avec la victoire sur
l'Irlande, le Pays de Galles n'apparaît pas en mesure de faire trembler
le XV de France sur ses terres.
Les joueurs de Bernard Laporte clôtureront face aux Gallois
un Tournoi jusqu'à présent globalement décevant. Un troisième succès,
attendu, permettrait au XV de France de remplir son contrat minimum,
à savoir une place sur le podium. De plus, ce Tournoi fut loin d'être
inutile pour le sélectionneur à six mois de la Coupe du Monde tant
au niveau des problèmes rencontrés dans le jeu que dans la gestion
de ce groupe sur une durée relativement semblable à celle de la compétition
automnale. Confiants en nos Bleus, les bookmakers pronostiquent une
victoire par un écart de 29 points. Faites-nous plaisir !
L'Ecosse, futur adversaire de l'équipe de France en Australie,
recevra l'Italie dans une rencontre qui décidera de l'attribution
de l'antépénultième place. Ce qui, dans une compétition à 6, équivaut
à une quatrième place pour le vainqueur de ce match. Pour le XV du
Chardon, terminer derrière les trois " gros " serait un moindre mal
après un Tournoi difficile tandis que pour l'équipe transalpine, un
second succès dans un même tournoi représenterait un événement historique.
Toutefois, en dépit de leurs récents progrès, les joueurs de John
Kirwan ne partent pas avec les faveurs du pronostic dans un match
qui s'annonce un peu fou - voire brouillon - entre deux équipes très
joueuses. Faites-nous plaisir !
Le meilleur pour la fin. Si de coté-ci de la Manche, on a
grandement fustigé le calendrier de ce Tournoi avec le sommet " théorique
" Angleterre - France lors de la première journée, de l'autre coté
du Channel, il n'y a plus personne pour en faire l'écho avant la finale
de ce week-end entre l'Irlande et l'Angleterre à Lansdowne Road. Le
hasard du calendrier nous offre un dernier match du Tournoi avec Triple
Couronne, Grand Chelem et Tournoi 2003 comme enjeu entre deux équipes
ayant réussies le sans-faute jusqu'alors. Géant !
Pour la " petite " Irlande qui ne compte qu'un Grand Chelem
à son palmarès (1948), cette grande fête, ce rendez-vous historique
sera l'occasion de rentrer dans l'histoire du rugby local après avoir
échoué d'un rien il y a deux saisons lors d'un tournoi 2001 perturber
par l'épizootie de fièvre aphteuse. L'occasion de démontrer la réussite
d'une entreprise, la professionnalisation du rugby irlandais, là où
tant d'autres nations bien mieux fournies en ressources humaines ou
financières cherchent encore leur voie. Fort d'une série en cours
de 10 succès et du soutien de tout un peuple, le XV irlandais est
placé dans les meilleures conditions possibles pour décrocher la lune
lors de ce rendez-vous avec l'histoire.
En pleine confiance et en pleine réussite, le XV du trèfle
devra cependant composer avec les velléités du XV de la Rose en quête
de reconnaissance après ses trois récents échecs dans la quête du
Grand Chelem. Depuis que Clive Woodward en a pris les commandes à
l'automne 1997, l'Angleterre s'est déjà présenté à trois reprises
invaincue avant la dernière étape du Tournoi. Par trois fois, il a
échoué : en 1999, à Wembley face au Gallois (Ah ! cet essai de Scott
Gibbs dans les arrêts de jeu !), en 2000 sous le déluge de Murrayfield
face aux Ecossais et en 2001 à Lansdowne Road, déjà, face à l'Irlande.
Le syndrome de la dernière marche.
Voilà pourquoi, bien qu'étant affublé par les statisticiens
de l'étiquette de n°1 mondial et ayant remporté plus de 80% des matches
disputés depuis le début du Tournoi des 6 Nations, le XV de la Rose
est raillé par la planète ovale pour être incapable de se transcender
lors des grands évènements, à fortiori loin de Twickenham. Reste que
si l'Angleterre ne joue pas bien en ce moment, sa marge est impressionnante,
elle reste sur une série de dix succès et que personne, pas même la
France (sauf durant les arrêts de jeu), ne l'a mis en danger depuis
le début du Tournoi.
C'est sans doute la raison pour laquelle les bookmakers anglais
lui ont collé l'étiquette de favori pour ce match : Irlande 30 %,
Angleterre 65 %, nul 5 %. Dans ce dernier cas, l'Angleterre remporterait
le Tournoi en devançant l'Irlande goal-average général… comme en 2001,
mais raterait dès lors, une fois de plus l'occasion de réussir le
Grand Chelem. Puisque rien ne nous ravit plus - comme l'ensemble de
la planète ovale - qu'une défaite de notre ennemi préféré, concluons
par un message à l'attention des Irlandais : faites-nous plaisir !
Yannick
Dubois
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