Tournoi des VI Nations 2003

PRESENTATION JOURNEE 4

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PRESENTATION

Enfin une surprise ?

La quatrième journée (déjà !) du Tournoi des VI Nations répartie, elle aussi, sur deux jours, se déroulera les 22 et 23 mars prochains. Au programme un dramatique Galles - Irlande, un déséquilibré Angleterre - Écosse et un hasardeux Italie - France. Si l'Angleterre parait posséder une marge suffisante sur son voisin du Nord, les deux autres rencontres recèlent les ingrédients d'une première vraie surprise dans une édition 2003 jusqu'alors très prévisible dans ses résultats.

La bête noire
Chronologiquement, le premier match du week-end verra le Pays de Galles accueillir à Cardiff l'Irlande. C'est, à priori, le plus intéressant sinon le plus indécis du week-end. L'Irlande reste sur 9 succès consécutifs, n'a plus perdu au Pays de Galles depuis 1983 ( !) et demeure plus que jamais en lice pour la victoire finale dans le Tournoi sinon pour un Grand Chelem. Loin de courir après de tels sommets, les Gallois luttent simplement pour éviter la troisième cuillère de bois de leur histoire. Le XV du poireau, qui a perdu 7 de ses 8 derniers matches du Tournoi et reste sur quatre défaites consécutives avant d'accueillir sa bête noire, a tout de la victime désignée. Et pourtant, presque imperceptiblement, plane sur cette rencontre un parfum d'incertitude, de fin de série. Étrange. Serait-ce le signe du retour de la célèbre " magie du Tournoi " ?

La série anglaise
Si le Pays de Galles ne bénéficie pas de la confiance des bookmakers, que dire des Écossais en visite à Twickenham où l'Angleterre reste sur une impressionnante série de 20 succès consécutifs. Le sort réservé à la Calcutta Cup laisse peu de place à l'incertitude entre, d'une part, des Anglais restants sur une série de neuf succès d'affilée (comme l'Irlande, étrange coïncidence épisode 1) et en quête du premier Grand Chelem de l'ère Woodward, et d'autre part, des Écossais qui ne se sont plus imposés en Angleterre depuis1983 (étrange coïncidence, épisode 2) ! Pour les amateurs de paris, la cote de l'Angleterre est de 1.02/1 (bonjour le rapport !), celle de l'Ecosse 20/1 tandis que du coté des statisticiens de chez IBM, on pronostique une victoire anglaise de 37 points. Tout est dit.

L'occasion fait le larron
L'Italie, qui accueille une équipe de France qu'elle n'a jamais battue dans le cadre du Tournoi, bénéficie d'un crédit bien supérieur depuis ses derniers matches, encore plus sur le plan de la manière que des résultats puisque les bookmakers les cotent à 6/1. Ayant d'ores et déjà réussi son Tournoi grâce à sa victoire face au Pays de Galles et, mieux encore, gagné le respect des observateurs britanniques après ses matches contre l'Irlande et l'Angleterre, l'équipe de John Kirwan ne poursuit plus qu'un objectif positif : décrocher une seconde victoire dans le Tournoi, ce qui serait une première depuis ses débuts dans cette compétition. Contre la France ou l'Ecosse.

Veni, vidi... vici ?
En dépit de premiers matches poussifs et de résultats décevants sans être pour autant être franchement surprenants, l'équipe de Bernard Laporte dispose d'un niveau de performance minimum qui l'a met théoriquement à l'abri de revers majeurs face à des nations supposées inférieures. Théoriquement, car elle n'a pas grand chose à gagner de son déplacement à Rome hormis procéder à une ultime revue d'effectif à six mois de la Coupe du Monde. Méfiance toutefois, car l'histoire récente du Tournoi nous a démontré, presque par l'absurde, qu'au niveau des résultats, l'Équipe de France est passée maître du "tout ou rien" : un Grand Chelem lors bonnes années (1997, 1998 et 2002) et… de Grosses Claques les autres années (un seul succès en 1999 et 2001 !). Pourvu que l'édition 2003 déroge à cette curiosité statistique.

Pour conclure, deux souhaits. Tout d'abord, espérer que ce quatrième week-end sera clément pour les ouvreurs, sacrément secoués depuis le début du Tournoi. Entre blessures, méformes et faiblesses à ce niveau, pratiquement toutes les équipes se sont avérées grosses consommatrices de 10 : O'Gara, blessé, a cédé sa place à Humphreys en équipe d'Irlande ; Ross, Laney (un des choix les plus controversé de toute la carrière de Ian McGeechan) et Townsend se sont succédés aux commandes du XV écossais ; Harris, Sweeney et Stephen Jones à celles du Pays de Galles ; Dominguez et Pez en Italie ou, coup sur coup, dans le même match, Wilkinson, Hodgson puis Simpson-Daniell ( !) à l'ouverture du XV de la rose sans parler de la méforme de Merceron, de la déception née de la performance de Gelez à Dublin et de l'inconnue représentée par Michalak à ce poste. Ouvreur, un métier à risques !

Le second souhait concerne la qualité des matches et l'espoir qu'ils soient enfin de la prestigieuse vitrine que représente le Tournoi pour notre sport.

Yannik Dubois