ANALYSE |
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La fin des illusions. En s'inclinant (15-12) pour la seconde fois du Tournoi en trois matches, la France a d'ores et déjà perdu toute chance de succéder à elle-même au palmarès de la compétition. Cette troisième défaire en quatre ans devant le XV du Trèfle, la seconde consécutive à Dublin, n'autorise désormais plus l'équipe de France qu'à rêver, au mieux, d'une place sur la dernière marche du podium de ce Tournoi 2003. Soit le minimum que l'on puisse exiger d'elle en regard des forces en présence dans l'hémisphère Nord. Puisqu' "à toute chose, malheur est bon", souhaitons que ce Tournoi raté annonce, à l'instar de ceux de 1995 et 1999, une Coupe du Monde autrement plus réussie pour l'équipe de France. Pour sa part, l'Irlande enregistre face à la France son huitième succès consécutifs dans les rencontres internationales, nouveau record pour les représentants de la verte Erin, et peut continuer à rêver d'un second Grand Chelem, 55 ans après le seul jamais réussi dans l'histoire par un XV du Trèfle, ou à défaut d'une victoire dans le Tournoi après laquelle elle court depuis 1985. Pour ce faire, les hommes d'Eddie O'Sullivan doivent encore s'imposer à Cardiff face aux Gallois avant de jouer la victoire finale, et plus si affinité, contre l'Angleterre le 30 mars à Lansdowne Road. Placé dans la même situation, à portée de Grand Chelem, il y a deux ans, les Irlandais avaient chuté contre toute attente en Ecosse. Espérons pour nos amis buveurs de Guinness qu'ils ne laisseront pas passer cette seconde chance d'entrer définitivement dans l'histoire du rugby irlandais. Malgré toute la sympathie éprouvée pour le XV du Trèfle, l'Angleterre demeure encore et toujours le favori n°1 de la compétition. Victorieux 40-5 d'une crâne équipe italienne à Twickenham, le XV de la Rose poursuit son petit bonhomme de chemin sans donner l'impression d'en faire trop. Doux euphémisme. Partis sur les bases d'un nouveau record en Tournoi, 33-0 en 21 minutes, les hommes de Clive Woodward ont ensuite enclenché la touche " économie d'énergie ", laissant le ballon aux Italiens et le chrono défiler sans trop de remords. Loin d'être irrésistible depuis le début du Tournoi, l'Angleterre est cependant idéalement placée pour offrir à ses supporters un Grand Chelem après laquelle elle court désespérément depuis1995. Réponse dans trois semaines à Dublin. En dépit d'une défaite assez nette, loin toutefois de la déroute annoncée, l'Italie a confirmé ses récents progrès accompli sous la férule de son entraîneur kiwi, l'ex-ailier All Black John Kirwan. Plus discipliné, mieux structuré, plus ambitieux et physiquement au niveau, le XV transalpin prouve enfin qu'il a bel et bien sa place dans cette prestigieuse compétition. Une vraie bonne nouvelle ! Enfin, en s'inclinant devant l'Ecosse 30-22 à Edimbourg, le Pays de Galles a enregistré une troisième défaite consécutive et se dirige dangereusement vers une cuillère de bois (déjà reçue en 1990 et 1995) qui doit se faire retourner plus d'un ancien mineur dans sa tombe. Pour éviter cette humiliation, les joueurs du XV du poireaux devront soit s'imposer devant l'Irlande à Cardiff, ce qui n'est plus arrivé depuis 1983, ou s'imposer à Paris contre l'équipe de France. Pour sa part, grâce à ce succès, l'Ecosse a sauvé son Tournoi 2003 et a, enfin, réussi à franchir l'en-but adverse après deux matches stériles en essais. Rassurant à 6 mois de la Coupe du Monde. Prochaine journée les 22 et 23 mars prochains avec au programme un dramatique Galles - Irlande, un déséquilibré Angleterre - Ecosse et un dangereux Italie - France. Et, qui sait, la première "vraie" surprise de cet édition 2003 jusqu'alors très conventionnelle dans ses résultats puisque les bookmakers n'ont pas encore été pris en défaut dans leurs prévisions.
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