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Du
suspens ? Pas vraiment !
A peine
le temps de digérer la première journée, de railler la performance
au pied de Gérald Merceron à Twickenham, de s'étonner sur la large
victoire des Irlandais ou sur le gouffre dans lequel semble être tombé
le rugby gallois que déjà se profile à l'horizon la seconde journée
de ce Tournoi des Six nations «nouvelle formule».
En faisant fi de la réputation des uns et des autres, en ne
se basant que sur le classement actuel, le match au sommet du prochain
week-end opposera à Rome l'Irlande et l'Italie, respectivement première
et deuxième à l'issue de la première journée. Passez ce léger pied
de nez aux idées préconçues (Italie-Irlande, un sommet du Tournoi
!) ce match devra être celui de la confirmation pour les deux équipes.
Pour le favori irlandais, il s'agit de conquérir un second succès
en déplacement avant de recevoir la France à Lansdowne Road et de
disputer, qui sait, un match décisif contre l'Angleterre lors de la
dernière journée.
Loin de ces ambitions, bien trop élevées pour elle, l'Italie
cherchera essentiellement à démontrer que son succès initial était
dû autant, sinon plus, à ses propres progrès qu'à la faiblesse de
l'équipe galloise. Toutefois, un succès des joueurs de Kirwan sur
le XV du Trèfle paraît hautement improbable.
Les Gallois, humiliés par l'équipe transalpine au Stadio Flaminio
de Rome samedi dernier, n'auront pas eu le temps de gamberger trop
longtemps puisqu'ils accueillent samedi l'ogre anglais au Millenium
Stadium de Cardiff. Dans leurs malheurs, les Gallois ont la chance
de pouvoir prouver face à leur ennemi héréditaire qu'ils ne sont pas
tombés aussi bas que leurs derniers résultats pourraient le laisser
supposer. Orgueil national et «sainte trouille» risquent cependant
de ne pas suffire face à un XV de la rose que l'on imagine assez mal,
dans sa quête effrénée du «Great Slam», chuter au Pays de Galles.
Cruels ou réalistes, c'est selon, les bookmakers londoniens tablent
sur un succès de l'Angleterre avec un écart supérieur à 25 points.
Le match dominical, autre «nouvelle» habitude du Tournoi, opposera
l'équipe de France au XV du Chardon, deux formations battues lors
de la première journée. Si une défaite à Twickenham n'a rien d'infamant,
la recherche de l'excellence prônée par Laporte ne peut se contenter
d'un tel résultat... surtout obtenu de cette manière-là. Le XV de
France n'a pas encore perdu toutes ambitions dans le Tournoi mais
il devra éviter le syndrome des années passées lorsqu'une défaite
devant l'Angleterre annonçait un Tournoi difficile, pour ne pas dire
médiocre, couronné d'autres revers bien moins pardonnables.
Malgré tout, l'équipe de Bernard Laporte dispose d'un niveau
de performance minimum qui l'a met théoriquement à l'abri de revers
majeurs face à des nations supposées inférieures, à fortiori à domicile.
L'écart entre les trois prétendants à la couronne européenne et les
autres équipes semble être suffisamment conséquent pour indiquer que
l'absence de victoire dans le chef de la France, de l'Angleterre ou
de l'Irlande serait une énorme surprise. Reste la magie, inégalée,
du Tournoi pour contredire ces affirmations.
Yannick
Dubois
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