Tournoi des VI Nations 2003

PRESENTATION JOURNEE 2

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PRESENTATION

Du suspens ? Pas vraiment !

A peine le temps de digérer la première journée, de railler la performance au pied de Gérald Merceron à Twickenham, de s'étonner sur la large victoire des Irlandais ou sur le gouffre dans lequel semble être tombé le rugby gallois que déjà se profile à l'horizon la seconde journée de ce Tournoi des Six nations «nouvelle formule».

En faisant fi de la réputation des uns et des autres, en ne se basant que sur le classement actuel, le match au sommet du prochain week-end opposera à Rome l'Irlande et l'Italie, respectivement première et deuxième à l'issue de la première journée. Passez ce léger pied de nez aux idées préconçues (Italie-Irlande, un sommet du Tournoi !) ce match devra être celui de la confirmation pour les deux équipes. Pour le favori irlandais, il s'agit de conquérir un second succès en déplacement avant de recevoir la France à Lansdowne Road et de disputer, qui sait, un match décisif contre l'Angleterre lors de la dernière journée.

Loin de ces ambitions, bien trop élevées pour elle, l'Italie cherchera essentiellement à démontrer que son succès initial était dû autant, sinon plus, à ses propres progrès qu'à la faiblesse de l'équipe galloise. Toutefois, un succès des joueurs de Kirwan sur le XV du Trèfle paraît hautement improbable.

Les Gallois, humiliés par l'équipe transalpine au Stadio Flaminio de Rome samedi dernier, n'auront pas eu le temps de gamberger trop longtemps puisqu'ils accueillent samedi l'ogre anglais au Millenium Stadium de Cardiff. Dans leurs malheurs, les Gallois ont la chance de pouvoir prouver face à leur ennemi héréditaire qu'ils ne sont pas tombés aussi bas que leurs derniers résultats pourraient le laisser supposer. Orgueil national et «sainte trouille» risquent cependant de ne pas suffire face à un XV de la rose que l'on imagine assez mal, dans sa quête effrénée du «Great Slam», chuter au Pays de Galles. Cruels ou réalistes, c'est selon, les bookmakers londoniens tablent sur un succès de l'Angleterre avec un écart supérieur à 25 points.

Le match dominical, autre «nouvelle» habitude du Tournoi, opposera l'équipe de France au XV du Chardon, deux formations battues lors de la première journée. Si une défaite à Twickenham n'a rien d'infamant, la recherche de l'excellence prônée par Laporte ne peut se contenter d'un tel résultat... surtout obtenu de cette manière-là. Le XV de France n'a pas encore perdu toutes ambitions dans le Tournoi mais il devra éviter le syndrome des années passées lorsqu'une défaite devant l'Angleterre annonçait un Tournoi difficile, pour ne pas dire médiocre, couronné d'autres revers bien moins pardonnables.

Malgré tout, l'équipe de Bernard Laporte dispose d'un niveau de performance minimum qui l'a met théoriquement à l'abri de revers majeurs face à des nations supposées inférieures, à fortiori à domicile. L'écart entre les trois prétendants à la couronne européenne et les autres équipes semble être suffisamment conséquent pour indiquer que l'absence de victoire dans le chef de la France, de l'Angleterre ou de l'Irlande serait une énorme surprise. Reste la magie, inégalée, du Tournoi pour contredire ces affirmations.

Yannick Dubois