Tournoi des VI Nations 2003

ANALYSE JOURNEE 1

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ANALYSE

Confirmations.

En battant la France (25-17) dans le match au sommet de la première journée, l’Angleterre a confirmé le statut de favori du Tournoi que les bookmakers londoniens lui avaient attribués. Vu le calendrier de l’édition 2003, ce dix-neuvième succès consécutif du XV de la Rose sur sa pelouse fétiche de Twickenham place à priori les hommes de Clive Woodward en position favorable pour remporter le Tournoi. Voir pour réaliser le Grand Chelem après lequel elle court depuis 1995. Mais le Tournoi est encore long, et les « pièges à Anglais » nombreux !

Pour la France, ce revers - honorable dans les chiffres - met d’ores et déjà fin au rêve d’un second Chelem d’affilée. Toutefois, un succès dans le Tournoi est toujours possible pour l’Equipe de France à condition de remporter toutes les autres rencontres et de compter sur un faux pas (en Irlande ?) des Anglais. L’ennui, c’est que l’histoire récente du Tournoi nous a démontré, presque par l’absurde, qu’au niveau des résultats l’Equipe de France nous la j oue « tout ou rien » : Grand Chelem lors des victoires sur nos ennemis préférés (1997, 1998 et 2002) ou Gosse Claque les autres années (un seul succès en 1999 et 2001 !). Pourvu que l’édition 2003 déroge à cette curiosité statistique.

Confirmation, toujours, avec le premier succès (36-6) de l’Irlande en Ecosse depuis 1985. En mettant fin à 18 ans d’insuccès à Murrayfield, le XV du Trèfle a parfaitement assumé son nouveau statut de « troisième force » de l’hémisphère Nord et pris la tête du classement du Tournoi. Sur le podium des 3 dernières éditions, l’Irlande s’est d’ores et déjà positionné comme un candidat à la victoire finale, titre qui lui échappe depuis... 1985 justement !

Pour les Ecossais, aussi généreux que stériles, cette défaite vient confirmer les difficultés rencontrées par le XV du Chardon depuis sa surprenante victoire dans le Tournoi 1999. Toujours capable de coups d’éclat (victoire à Paris en 1999, exploit inattendu sur l’Angleterre – alors en course pour le Great Slam - dans le Tourn oi 2000 ou large succès contre les Sud-africains à l’automne 2002), l’Ecosse encaisse néanmoins régulièrement quelques sérieux revers à Murrayfield. Son style, il est vrai, se prête particulièrement à ces variations d’un match à l’autre. Raison de plus de se méfier du prochain déplacements à Paris des hommes de Ian McGeechan.

Grande première enfin au Stadio Flaminio de Rome, avec la victoire (30-22) de l’Italie sur le Pays de Galles. Ce premier succès historique de l’équipe transalpine sur le XV du poireaux met fin à une effroyable série de 14 revers consécutifs dans le Tournoi. Au-delà des chiffres, c’est surtout la manière avec laquelle ce succès a été acquis qui est encourageante pour la bonne intégration de l’Italie dans le Tournoi. D’une image d’équipe accrocheuse, voire embrouilleuse, qui était la sienne depuis la fin de l’ère Georges Costes, la Squadra semble être sur le chemin de la rédemption au niveau de la discipline et s’est réorientée vers un jeu plus ambitieux sous la houlette de John Kirwan.

Quoi qu’il advienne, les Italiens ont d’ores et déjà réussi leur Tournoi 2003, ce qui est loin, très loin d’être le cas des Gallois. D’une faiblesse affligeante, tant défensivement qu’offensivement, le XV du Poireau semble au fond du sceau à l’instar des clubs et de la fédération galloise qui, rappelons-le, n’a pas inscrit d’équipe A par soucis d’économie. La situation du rugby principautaire ne manque pas d’inquiéter et son avenir s’annonce encore des plus sombres. L’ombre de Graham Henry, plane encore sur Cardiff... et pour longtemps semble t’il !

Format resserré oblige, la seconde journée du Tournoi se disputera le week-end prochain, avec au programme France-Ecosse, Pays de Galles-Angleterre et Italie-Irlande. .

Yannick Dubois