GALLES - IRLANDE Accueil Six Nations

 

 

Le 22 mars 2003 - A Cardiff - Millenium Stadium
PAYS DE GALLES 24 (7)
3E : S. Jones, M. Williams, G. Thomas ; 3T-1D : S. Jones
IRLANDE 25 (14-)
2E : Gleeson (40, 42) ; 4P : Humphreys ; 1D : O'Gara
Equipes :

Pays de Galles : R. Williams - M. Jones (Watkins, 12), Taylor (Harris, 61), Shanklin, Gar. Thomas - (o) S. Jones, (m) Cooper (Peel, 51) - Charvis, M. Williams, D. Jones - Llewellyn, Sidoli - Ge. Jenkins (Madden, 76), Humphreys (cap) (Davies, 43), I. Thomas

Irlande: Murphy - Bishop, O'Driscoll (cap), Maggs, Hickie - (o) Humphreys (O'Gara, 70), (m) Stringer - Gleeson, Foley, Quinlan (Miller, 75) - O'Kelly, Cullen (O'Callaghan, 70)- Hayes, Byrne, Horan (Fitzpatrick, 75)

Arbitre : M. Steve Lander (Ang)

74 000 spectateurs

 

ANALYSE

Sur la route du Grand Chelem

Ca y est, ce fut douloureux, mais les Irlandais ont remporté leur quatrième levée de Grand Chelem, qu'ils joueront dans une semaine chez eux face aux Anglais. Mais dans un match qu'on leur promettait facile, les Verts ont du batailler jusqu'à la dernière seconde pour se débarasser de Gallois qui sur ce match ont en partie retrouvé leur rugby.

La première mi-temps fut pourtant à l'avantage des Irlandais, selon une méthode éprouvée contre l'Italie ou l'Ecosse : un jeu sérieux mais sans grande envolée, pas de vraie domination de l'adversaire, mais quand on rentre dans les 22 adverses, c'est pour mettre des points, souvent par la botte presque infaillible d'Humphreys. Même si les Irlandais se font surprendre par un bel essai de S. Jones en début de match (7-3 pour les Rouges), la machine a scorer fini en bout de compte par mettre à la mi-temps les joueurs au Trèfle bien devant (14-7). D'autant plus qu'un second essai du troisième ligne Gleeson en tout début de seconde mi-temps, semble ranger le suspense au placard (19-7). Le match se déroule comme beaucoup de monde s'y attendait (moi le premier), et on ne voit plus les Gallois inquiéter les Irlandais.

Et pourtant... C'est à ce moment que les Dragons Rouges décident de passer la vitesse supérieure et d'attaquer tout azimuts. Ils écartent tout les ballons possibles, et passent la ligne d'avantage beaucoup plus souvent que dans leur trois premiers matches. Si on ajoute à cela un nombre réduit de fautes de main, des Irlandais qui ne s'en laissent pas compter et répliquent dès qu'ils le peuvent, on obtient enfin un vrai match de rugby digne de ce nom et du
Tournoi, ce que l'on n'avait que peu vu depuis le début de ce Tournoi 2003. Et les Gallois vont être récompensés de leurs efforts par deux nouveaux essais, de Williams et Thomas, tous deux transformés par un Stephen Jones des grands jours. Et comme dans le même temps les Verts ne répliquent que par une unique pénalité de Humphreys, les joueurs arrivent dans le temps supplémentaires de la seconde période sur une avance d'un point pour les Verts (22-21).

Avec le beau jeu et le fighting-spirit réellement affiché par les 30 joueurs, il ne manquait plus qu'un final haletant pour obtenir un vrai grand match. Les deux équipes nous l'ont offert. D'abord avec S. Jones qui passe un drop deux minutes après la fin du temps réglementaire. Dans l'ambiance de Cardiff que l'on imagine, les Gallois prennent la tête 24-21. Mais les 74 000 spectateurs ont a peine le temps de se rassoir, que sur l'engagement les Irlandais récupèrent la balle, la transmette immédiatement à O'Gara qui à son tour passe le drop. A peine 30 secondes et revoilà les Gallois menés 25-24. Il reste une ou deux minutes d'arrêts de jeu, les Gallois font le forcing, les Irlandais tapent loin devant dès qu'ils touchent le cuir. A quelques secondes de la fin, l'arbitre indique une pénalité pour les Gallois à 30 mètres en face des poteaux, une formalité pour S. Jones. Mais l'arbitre laisse jouer l'avantage, et les Gallois ne tapent pas en touche pour bénéficier de la pénalité... L'avantage passe, la pénalité aussi, et le match également... 25-24, les Irlandais joueront le Grand Chelem face aux Anglais. Mais les Gallois se sont certainement rassurés après un très bon match, et se rendront à Paris pour éviter la cuillère de bois.

Frédéric Gressent