ITALIE-FRANCE Accueil Six Nations

 

Le 3 Mars 2001 - A Rome - Stade Flaminio
FRANCE 30 (14)
3E Bernat-Salles,Sadourny,Bonetti ; 3T Lamaison; 3P Lamaison
ITALIE 19 (9)
1E Perziano; 1T Dominguez ; 4P Dominguez
Equipes :

Italie : Stoica - Perziano,Pozzebon,M.Dallan,D. Dallan - (o) Dominguez - (m) Troncon - Checchinatto, Bergamasco, Persico - Visser, Gritti - Paoletti (Properzi-Curti) , Moscardi, Lo Cicero

France : Sadourny - Bernat-Salles, Lombard, Bonetti, Dominici, 70 - (o) Lamaison - (m) Galthié - Juillet, Magne, Moni (Betsen, 40) - Pelous (cap. ), Auradou - De Villiers, Ibañez, Califano (Marconnet,60)

Arbitre: Chris White (Ang)

 

ANALYSE

03/03/01

Les Français rassurants sans convaincre

Les joueurs français qui avaient reçu une volée de bois vert médiatique après leurs deux précédentes prestations ont vaincu une équipe d'Italie qui malheureusement n'a pas montré le même enthousiasme que face à l'Irlande. Alors cette victoire rassure en particulier au niveau des 3/4 qui ont été performants en défense et qui, sans briller, ont assuré l'essentiel dans le jeu d'attaque. Qu'en sera-t-il face aux équipes Galloises et Anglaises dont les défenses sont bien plus rugueuses?

Les Français ont donc assuré l'essentiel dans ce match piège dont tout le monde attendait une large victoire face à des Italiens qui semblent manquer singulièrement d'inspiration. Dès le début du match il fut clair que les Italiens qui jouaient avec le vent avaient décider d'envoyer le jeu à grand coup de chandelles dans le camp Français puis d'y jouer une succession de départs au ras en attendant que les Bleus se mettent à la faute et ainsi laissent le soin à Diego Dominguez d'engranger les pénalités.

Cette stratégie permit aux Italiens d'ouvrir le score. Elle montra cependant rapidement ses limites: d'une part ce jeu au pied trouvait immanquablement un Jean-Luc Sadourny dont le placement fut irréprochable tout au long du match. D'autre part les Français dès qu'ils passaient la ligne médiane devenaient dangereux: sur 2 actions en première mi-temps les 3/4 reussirent à percer de loin sur la première d'entre-elles (initièe par un départ de R. Ibañez relayée par une course le long de la touche de Dominici; deux temps de jeu dans les 22 et une passe au pied dans le dos de la défense Italienne permettent au "Vieux" d'aller applatir entre les poteaux. Quelques minutes plus tard Galthié part au ras de la mélée, Sadourny (encore lui) dans la ligne de 3/4 prend le trou avant de fixer Stoica pour donner un caviar à Bernat-Salles. Ce fut à peu pret tout en première mi-temps: jeu propre plaisant mais sans réel allant d'un coté ni de l'autre.Entre temps Diego Dominguez passait 2 pénalités avant la pause alors que Christophe Lamaison n'arrivait pas à se rendre maître du vent et échouait sur toutes ses tentatives de pénalités. Ces échecs répétés permettaient à l'Italie de rester au contact des Bleus: 9-14 à la mi-temps

Le début de la seconde mi-temps laissa penser que les Italiens allaient emballer ce match: la balle allait enfin jusqu'à l'aile sur Perziano.Deux minutes plus tard les Italiens choisissent de jouer une pénalité à la main à 2 reprises. Las ces velleités seront de courte durée. Coté Francais pendant ce temps on gâche un 5 contre 2 où Magne vendange vers les 3/4 après une course de Lamaison et que dans la foulée Bernat Salles s'apercoit qu'il a 2 jambes et qu'il vaut mieux ne pas les croiser en pleine course si l'on veut rester debout... Les Français marqueront donc 3 pénalités pour se mettre à l'abri (12-23). Du moins pouvait on penser qu'ils allaient dérouler gentiment pour une victoire sans problèmes (ni passion). Hélas Titou Lamaison allait encore subir une série d'échecs dans ses tentatives de pénalités tandis que les Italiens marquaient sur * un essai de Perziano à 5 minutes de la fin sur une passe au pied de Dallan... Sans être réellement dangeureux les Italiens maintenaient le suspense (19-23). Les Bleus allaient finalement assurer leur victoire grâce à un départ long de ligne de Sadourny puis après 2 temps de jeu des avants Galthié envoie Bonetti derrière la ligne (19-30)

Parmi les enseignements de ce match il faudra noter que le spectacle est tout de meme beaucoup moins crispant lorsque les 3/4 arrivent à se passer le ballon sans le tomber de façon quasi systématique. Quand en plus ils sont solides au placage alors l'Equipe de France à des atouts pour gagner ces matches. Côté Italien les actions de début de 2° mi-temps et l'essai de fin de match suggèrent fortement qu'ils seraient bien inspirés de jouer plus souvent au large et de jouer autrement qu'une équipe de jeu à XIII: face à une défense solide et alors que Troncon complètement éttouffé par la 3° Ligne adverse, le jeu au ras est condamné à user les avants prématurément (les mélées enfoncées en fin de match sont à cet égard convaincantes). Un autre enseignement de ce match? : on ne s'improvise pas arrière du jour au lendemain: Stoica et Sadourny furent brillants dans ce match: dans leurs placements en défense, leur assurance sous les chandelles et leurs relances dont aucune ne fit frémir de peur leurs supporters. Sadourny y ajouta sa science du surnombre en s'intercalant dans la ligne de 3/4 à plusieurs reprises. Aussi pourquoi ne pas se prendre à rever que le jeu sérieux déroulé par les Français ne puisse être efficace face aux Gallois... Quant aux Italiens on voit mal qui pourrait leur céder sauf à être indiscipliné et ainsi permettre à Diego Dominguez de briller... A suivre

Jean-Yves Barthe