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Par
Yannick Dubois,
03 décembre 2003
Qui
succédera à Toulouse ?
Cette neuvième
édition (déjà !) de la coupe d'Europe permettra, cette année encore,
de confronter ce qui se fait de mieux au niveau des clubs et des provinces
dans l'hémisphère Nord. De plus en plus prisée, tant pour l'attrait
sportif que financier, cette épreuve rivalise avec le Super 12, son
prestigieux homologue de l'hémisphère sud malgré certains défauts
majeurs tels un manque de lisibilité dû principalement au saucissonnage
du calendrier ou le nombre inadapté d'équipe engagée entraînant un
mode de qualification aussi compliqué à comprendre pour les amateurs
qu'injuste d'un point de vue sportif.
Un
plateau de qualité
L'édition 2003-2004 de la Heineken Cup - son nom de scène - propose
cependant un superbe plateau. Comme la saison dernière, on retrouve
sur la ligne de départ vingt-quatre équipes : six anglaises, six françaises,
cinq galloises, trois irlandaises, deux écossaises et deux italiennes.
Parmi les engagés, signalons la performance du Stade Toulousain, seuls
club européen à avoir participé à toutes les éditions avec les trois
principales provinces irlandaises (Munster, Leinster et Ulster).
Presque aussi assidus, Llanelli et Cardiff en sont à leur huitième
participation, alors que du côté des clubs tricolores, Biarritz y
prend part pour la quatrième fois d'affilée tandis que le Stade Français,
qui fait son retour après une année d'absence, rempile pour la cinquième
fois, soit une de plus que le duo Bourgoin - Perpignan (finaliste
en 2003). Parmi les représentants du Top 16, seul Agen découvre la
" grande " Coupe d'Europe.
Significatif d'une certaine stabilité de l'élite européenne, seize
des vingt-quatre équipes étaient déjà présentes l'an dernier. Chiffre
auquel on pourrait rajouter les faux débutants que sont les trois
formations galloises nées, par la volonté de la fédération galloise,
sur les cendres de certains clubs historiques de la principauté incapables
de faire face aux exigences financières et sportives du professionnalisme.
Exit Neath, Swansea, Pontypridd, Ebbw Vale, Newport ou Bridgend, ils
sont désormais remplacés par les Ospreys, Gwent Dragons et Celtic
Warriors.
Outre Agen, deux autres bizuths feront leurs premiers pas dans cette
épreuve : l'inattendue équipe anglaise de Leeds et la nouvelle province
écossaise des Borders. Parmi les non-qualifiés, les absences les plus
remarquées sont celles des deux anciens champions d'Europe Brive (1997)
et Bath (1998). D'autres habitués, Montferrand (France), Glasgow (Ecosse),
Harlequins ou Saracens (Angleterre), feront également défaut.
Un nouveau barème
de points
Si le format de l'épreuve n'a pas encore changé - cela ne devrait
pas tarder - certaines innovations ont toutefois été introduites.
La première concerne la répartition des places qualificatives puisque
désormais, quatre d'entre elle seront distribuées au mérite. Nous
y reviendrons lors des phases finales. La seconde, bien plus visible,
est l'introduction du système de points "Super 12 " durant la première
phase : 4 points pour une victoire, 2 pour un nul, 1 point de bonus
pour 4 essais (ou plus) inscrits dans un match ou pour une défaite
de moins de 8 points (1). L'objectif est clair : éviter autant que
possible les ex-æquo à l'issue des matches de poule, et les dérives
nées du mode de qualification des " meilleurs seconds " en quart de
finale (cf la polémique née de la qualification de Biarritz au détriment
de Bourgoin l'an dernier).
Après plusieurs éditions marquées par la domination des clubs anglais
(4 titres en 5 éditions) et la montée en puissance des provinces irlandaise
(un titre) mais aussi par les difficultés rencontrées par nos clubs
à l'échelon européen, le titre obtenu par Toulouse face à Perpignan
a sonné comme une délivrance, tant pour le Stade qui courrait depuis
7 ans après un second sacre européen que pour le rugby de club de
l'hexagone dont les composantes ont, par tradition, une fâcheuse tendance
se regarder le nombril et ne pas voir plus loin que leur frontière.
En cela, rendons grâce à Toulouse et au Stade Français, qui osent
chaque année faire de la Coupe d'Europe un objectif prioritaire, en
tout cas sur le plan sportif puisqu'il n'y a aucun doute quant à la
motivation financière de tous ! Seul nous manque encore un engouement
populaire aussi marqué qu'outre manche où la ferveur est à son comble
lors des rencontres de Heineken Cup. Simple question de temps.
Un match à trois
Cette année encore, seuls les représentants français, anglais et irlandais
sont en mesure de jouer le titre. Côté gallois, seul Llanelli a été
performant lors des dernières saisons et les nouvelles équipes franchisées
ne devraient pas encore être au niveau tandis que les Ecossais et
les Italiens n'ont, jusqu'à présent, jamais placé d'équipe en quart
de finale.
Comme l'année passée, la répartition d'un club français et d'un club
anglais par poule tend à rendre les niveaux assez homogènes entre
les différents groupes, même si les aléas du " tirage au sort " font
qu'une certaine disparité apparaît. A ce titre, il est probable que
l'un des "meilleurs" deuxièmes sorte de la poule 6 où la présence
de Calvisano, le petit Poucet de l'épreuve, est un facteur déterminant.
L'autre place de meilleurs seconds devant vraisemblablement se jouer
entre les poules 4 et 5, avec un à priori favorable pour cette dernière.
A contrario, les poules 1,2 et 3 paraissent bien plus homogène et
promettent une lutte acharnée pour la qualification. Méfiance toutefois,
la période post-Coupe du Monde ne sera pas facile à gérer pour les
gros fournisseurs d'internationaux, les deux premières journées risquent
probablement d'être décisive pour ces équipes en mal d'homogénéité.
Les
poules
| Poule 1 |
Poule 2 |
Poule 3 |
| Stade Français |
Toulouse |
Biarritz |
| Leicester (Angleterre) |
Leeds (Angleterre) |
Sale (Angleterre) |
| Gwent Dragons (Galles) |
Ospreys (Galles) |
Cardiff (Galles) |
| Ulster (Irlande) |
Edimbourg (Ecosse) |
Leinster (Irlande) |
| Poule 4 |
Poule 5 |
Poule 6 |
| Agen |
Bourgoin-Jallieu |
Perpignan |
| Northampton (Angleterre) |
Gloucester (Angleterre) |
London Wasps (Angleterre) |
| Borders (Ecosse) |
Munster (Irlande) |
Calvisano (Italie) |
| Llanelli (Galles) |
Trévise (Italie) |
Celtic Warriors (Galles) |
Selon nos amis
bookmakers, malgré un début de saison poussif lié à l'absence de nombreux
titulaires partis disputer la Coupe du Monde, Toulouse est donné favori
(5/1) pour conserver son titre. Les autres favoris répertoriés sont
dans l'ordre les London Wasps (7/1), le Munster (8/1), le Stade Français
(10/1) et le Leinster (11/1). Perpignan (15/1) bénéficie d'une cote
d'outsider tout Gloucester, Leicester et Llanelli tandis que Biarritz
(20/1), Agen (30/1) et Bourgoin (35/1) tout comme les clubs gallois
sont assez mal considéré. Mais que dire des clubs italiens de Calvisano
et Trévise, coté à plus de 1000/1 !
Au niveau du règlement, les six premiers
de poule, ainsi que les deux meilleurs deuxièmes, disputeront les
quarts de finale. Les quatre meilleurs à l'issue de la première phase
auront l'énorme avantage de recevoir lors des quarts de finale. Cet
avantage est loin d'être négligeable puisque depuis deux saisons,
tous les clubs recevant se sont imposés. Demi-finales sur terrains
neutres et finale à Twickenham le 23 ou 24 mai prochain.
Enfin, pour vous guider dans cette compétition et vous permettre de
découvrir toutes les équipes engagées, Planète Rugby vous a préparé
un dossier spécial avec un maximum d'information
sur chacune des équipes et la cote Planète Rugby pour la qualification.
Histoire de mesurer la tâche incombant à nos clubs : conserver le
trophée européen afin d'atténuer, un peu, la déception née de l'élimination
des Bleus en demi-finale de la Coupe du Monde.
Bonne lecture
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