Coupe d'Europe 2002-2003

Présentation


 

Par Yannick Dubois, - 08 octobre 2002

Bientôt la rédemption ?

Cette huitième édition (déjà !) de la coupe d'Europe permettra, cette année encore, de confronter ce qui se fait de mieux au niveau des clubs et des provinces dans l'hémisphère nord. De plus en plus prisée, tant pour l'attrait sportif que financier, cette compétition n'est pas loin de rivaliser avec le Super 12, son prestigieux homologue de l'hémisphère sud. Ce serait sans aucun doute le cas si la Coupe d'Europe ne souffrait d'un tel manque de lisibilité dû principalement au saucissonnage de son calendrier et à un nombre inadapté d'équipe engagée entraînant un mode de qualification aussi compliqué à comprendre pour les amateurs qu'injuste d'un point de vue sportif.

L'édition 2002-2003 de la Heineken Cup - son nom de scène - propose cependant un superbe plateau. Comme la saison dernière, on retrouve sur la ligne de départ vingt-quatre équipes : six anglaises, six françaises, cinq galloises, trois irlandaises, deux écossaises et deux italiennes. Parmi les engagés, signalons la performance du Stade Toulousain, seuls club européen à avoir participé à toutes les éditions avec les trois principales provinces irlandaises (Munster, Leinster et Ulster).

Pour leur part, Cardiff, Llanelli et Pontypridd (Galles) en sont à leur septième participation alors que du côté des clubs tricolores, Biarritz y prend part pour la troisième fois d'affilée tandis que Bourgoin, Montferrand (quart de finaliste en 1999-2000 et l'an dernier) et Perpignan (demi-finaliste en 1998-99) rempilent pour la troisième fois, seule Béziers découvre l'épreuve. Significatif d'une certaine stabilité de l'élite européenne, seize de ces vingt-quatre équipes étaient déjà présentes l'an dernier tandis que cinq bizuths feront leurs premiers pas dans cette épreuve : Béziers (France), Bristol, Sale et London Irish (Angleterre) et Viadana (Italie).

Parmi les non-qualifiés, les absences les plus remarquées sont celles du Stade Français (finaliste 2001 de la CE), d'Agen (vice-champion de France 2002) parmi les actuels ténors du championnat de France ainsi que celles des deux anciens champions d'Europe Brive (1997) et Bath (1998). D'autres habitués, tels Trévise (Italie), Harlequins ou Saracens (Angleterre), feront également défaut.

La domination anglaise

Absents lors de l'édition inaugurale par manque de conviction, puis en 1998-99 en raison notamment de différends sur les modes de répartition financière, les clubs anglais attaquent leur sixième année de participation. Avec 4 titres (Bath, Northampton et Leicester deux fois) et une finale (Leicester) en cinq éditions, les Anglais sont de loin les plus performants à ce niveau. Après de brillants débuts, couronnés par deux titres (Toulouse et Brive) et 3 finales (Brive, Colomiers et le Stade Français), les Français sont en net recul puisque seul le Stade Français est parvenu en finale au cours des 3 dernières saisons.

L'Irlande suit avec ses provinces de plus en plus conquérantes (1 titre avec l'Ulster et 2 finales avec le Munster) qui n'ont eu de cesse d'animer les quatre précédentes saisons. Enfin, le Pays de Galles n'a réussi qu'à glisser Cardiff en finale lors de la première édition tandis que les Ecossais et les Italiens n'ont pas encore placé d'équipe en quart de finale. Si pour les clubs transalpins, les espoirs sont encore bien minces cette saison, l'émergence des provinces écossaises - pour leur troisième année d'existence - est attendue sous peu.

Comme l'année passée, la répartition d'un club français et d'un club anglais par poule tend à rendre les niveaux assez homogènes entre les différents groupes, même si les aléas du tirage au sort font qu'une certaine disparité apparaît. A ce titre, il est probable que l'un des "meilleurs" deuxièmes sorte de la poule 2 où la présence de Viadana, le petit Poucet de l'épreuve, est un facteur déterminant. L'autre place de meilleurs seconds devant vraisemblablement se jouer entre les poules 1 et 5, avec un à priori favorable pour la première. A contrario, les poules 3,4 et 6 nous paraissent bien plus homogène et promettent une lutte acharnée pour la qualification.

Les poules

Poule 1 Poule 2 Poule 3
Béziers Perpignan Bourgoin
Leicester (Angleterre) Gloucester (Angleterre) Sale (Angleterre)
Neath (Galles) Munster (Irlande) Llanelli (Galles)
Calvisano (Italie) Viadana (Italie) Glasgow (Ecosse)
Poule 4 Poule 5 Poule 6
Montferrand Toulouse Biarritz
Bristol (Angleterre) London Irish (Angleterre) Northampton (Angleterre)
Leinster (Irlande) Newport (Galles) Ulster (Irlande)
Swansea (Galles) Edimbourg (Ecosse) Cardiff (Galles)

 

Selon nos amis bookmakers, malgré un début de saison poussif, Leicester est donné archi-favori (2,5/1 !) pour conserver son titre. Les autres favoris répertoriés sont dans l'ordre le Leinster (7/1), le Munster et Gloucester (8/1), Toulouse (10/1). Montferrand et Biarritz (15/1) bénéficient d'une cote d'outsider tout comme Llanelli et Northampton (16/1) le tandis que Perpignan (25/1), Béziers et Bourgoin (33/1) et les clubs gallois sont assez mal considéré. Mais que dire des clubs italiens de Calvisano et Viadana, coté à plus de 1000/1 !

Au niveau du règlement, les six premiers de poule, ainsi que les deux meilleurs deuxièmes, disputeront les quarts de finale. Les quatre meilleurs à l'issue de la première phase auront l'énorme avantage de recevoir lors des quarts de finale. Cet avantage est loin d'être négligeable puisque depuis deux saisons, tous les clubs recevants se sont imposés. Demi-finales sur terrains neutres et finale au stade Lansdowne Road de Dublin.

E
nfin, pour vous guider dans cette compétition et vous permettre de découvrir toutes les équipes engagées, Planète Rugby vous a préparé un dossier spécial avec un maximum d'information sur chacune des équipes et la cote Planète Rugby pour la qualification. Histoire de mesurer la tâche incombant à nos clubs : reconquérir enfin ce titre européen qui leur échappe depuis maintenant 5 saisons. L'heure de la rédemption a sonné !

Bonne lecture.