Bouclier Européen 2000

Présentation

 

Par Yannick Dubois

Pour une place chez les grands...

Le Bouclier Européen, l' "autre" Coupe d'Europe, entame sa cinquième saison à la recherche d'une crédibilité nouvelle. Boudée par les médias, ignorée par le grand public, financièrement déficitaire et négligée par certains de ses participants, la compétition a vu plus d'une fois son existence menacée et si elle est repartie pour un tour, elle n'en demeure pas moins en sursis, en particulier en ce qui concerne sa viabilité financière.

Pour en relancer l'intérêt, l'ERC a décidé d'accorder une place dans la " grande " Coupe d'Europe au vainqueur. Malgré le nombre imposant de clubs en lice, le nombre de prétendants à la victoire finale n'est pas si élevé - en ratissant large, une petite dizaine tout au plus - ce qui rend le chemin menant à la Coupe d'Europe bien plus dégagé qu'en championnat où, pour le moment, seules les places de 1er de poule et en finale sont sensées assurer un ticket européen. A tout prendre…

Paradoxalement, cette " récompense " faite au vainqueur ne vient jamais que confirmer un état de fait, puisque depuis la création de l'épreuve - dénommée Conférence Européenne lors de ses deux premières éditions - le lauréat s'est systématiquement qualifié pour jouer la Coupe d'Europe suivante ! Tant Bourgoin (1997) que Colomiers (1998), Montferrand (1999) et Pau (2000) ont atteint - au minimum - les demi-finales du championnat l'année de leur victoire dans la seconde épreuve européenne. Un hasard ? Pas sûr !

Le défaut majeur de ce Bouclier provient de l'écrasante - et encombrante - supériorité des clubs français lors des précédentes éditions : finales exclusivement franco-française (dans l'ordre : Bourgoin - Castres, Colomiers Agen, Montferrand -Bourgoin et Pau - Castres) mais également 13 places de demi-finalistes sur 16 possibles ! Ce qui souligne la grande disparité qui existe entre les meilleurs clubs français non-qualifiés pour la CE, parmi lesquels on retrouve régulièrement de grosses écuries, et les équipes du ventre mou ou du bas de tableau des championnats anglais et gallois. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, aussi il faut souhaiter une plus grande adversité des clubs étrangers.

Le format de la compétition a encore changé et ce ne sont pas moins de 32 équipes qui seront en lice cette année. Parmi elles, on retrouve les 15 formations françaises de l'élite ne participant pas à la " grande " Coupe d'Europe. Même principe pour les Anglais (6 clubs), les Gallois (5 clubs), l'Irlande (un seul : le Connacht, l' éternel cancre du rugby de la verte Eirin) et l'Italie (4 clubs) plus une équipe "nationale" roumaine déforcée (la plupart de ses joueurs sont engagés avec leurs clubs !) rebatisée Dinamo Bucarest (NLDR : les Roumains sont finalement forfait pour raisons financières. Bravo l'ERC !). Ces 32 équipes sont réparties en 8 poules de 4 dont les vainqueurs seront qualifiés pour les quarts de finale, lesquels se dérouleront sur le terrain des clubs les mieux classés. Limpide, pour une fois !

Parmi les équipes que l'on peut raisonnablement considérer comme favorites, on retrouve les grosses écuries françaises, Agen et Montferrand, auxquelles on peut associer les équipes ambitieuses telles Bourgoin, Brive, Dax, Grenoble, Narbonne ou Perpignan ainsi que les meilleures équipes anglaises comme Newcastle, Harlequins voire Sale. Par précaution, on suivra avec attention les parcours des expérimentés Italiens de Trévise ainsi que les Gallois de Bridgend, étonnants co-leaders de la ligue Celte.

Les Poules

Poule 1 Poule 2 Poule 3 Poule 4
Cross Keys (PdG) Montferrand Rotherham (Ang) Caerphilly (PdG)
Bègles Bordeaux Neath (PdG) Grenoble Agen
Benetton Trévise (Ita) Connacht (Irl) Bridgend (PdG) Auch
Newcastle (Ang) Béziers Perpignan Sale (Ang)
 
Poule 5 Poule 6 Poule 7 Poule 8
Harlequins (Ang) Brive Bristol (Ang) Narbonne
Périgueux Piacenza (Ita) Mont-de-Marsan Viadana (Ita)
Dax Aurillac Parme (Ita) Bourgoin
Ebbw Vale (PdG) London Irish (Ang) La Rochelle Roumanie

A priori, les poules 4 (Agen, Sale), 5 (Dax, Harlequins), 6 (Brive, Aurillac et London Irish) et 7 (La Rochelle, Mont-de-Marsan et Bristol) devraient tourner à l'affrontement franco-anglais, tandis que la poule 8 se résumera à un duel franco-français entre Bourgoin et Narbonne. La poule 2 (Montferrand, Béziers contre Neath) et 3 (Perpignan, Grenoble contre Bridgend) augurent d'une lutte entre les représentants français et gallois, tandis que la poule 1 s'annonce la plus intéressante avec Trévise, Bègles et Newcastle.

Comme toujours, la grande inconnue demeure la motivation réelle de chacune de ces équipes, en particulier celles qui sont déjà en difficultés dans leur propre championnat. Cependant, la carotte semble assez alléchante pour que les équipes un tant soit peu huppées jouent le jeu. N'en vaut-il pas la chandelle ?