Les interviews Planète Rugby


Jean-Pierre GARUET

"Avec les règles actuelles, je me régalerais !"

6 Juin 2001, 18h45, Lourdes (65) - Paris (75)



Planete Rugby: Vous interessez-vous au Super 12 ? On parle beaucoup de polyvalence des postes actuellement. Vous-même et Monsieur Paparemborde avez été parmi les précurseurs d'un jeu où les piliers sont devenus, d'avantage que précédemment, des manieurs de ballons. Quelle vous parait être la limite de cette polyvalence ?

Jean-Pierre Garuet: En fait, ce sont les règles qui ont fait évoluer le jeu. Pour ma part, j'étais troisième ligne centre jusqu'à l'age de 21 ans. Aprés, je savais que j'étais barré, parce que mesurais 1.77m.

Les gens savaient que j'étais un manieur de ballon, mais disons que ce qu'on demandait d'abord à un pilier, c'etait de tenir en mélée fermée...A cette époque, il y en avait quarante par match. J'étais l'un des premiers à faire en sorte qu'on se mette à huit, et non plus à cinq pour pousser en mélée. Eh oui : Huit, c'est toujours plus gaillard que cinq !
Et quand les troisièmes lignes ne s'y mettaient pas, je le leur disais, et je crois que Jacques Fouroux, qui a été l'un des gars qui s'est le plus penché sur ca, a été trés sensible au message qu'on donnait.

La mélée durait plus longtemps (entre 30 et 40 secondes: Le temps qu'on s'y mette, qu'on aille chercher le ballon, de travailler). Maintenant, il faut attendre que le ballon soit là, et plouf ! Par contre, c'est plus violent. Chaque joueur se met en fonction de la règle.

Quand il y avait à manier le ballon, bon, trés bien, mais il fallait aussi un travail de sape, un travail de costauds !

J'ai joué dans quelques jubilés, dans quelques matches du Rugby actuel, eh bien nous, à ce jeu, on y serait les rois ! Avec les règles actuelles, je me régalerais ! Mais la règle n'était pas comme ca, avant !

On n'était pas manchots: Si vous vous souvenez du dernier essai de Blanco contre l'Australie, Pascal Ondarts (pilier gauche) qui touche le dernier ballon, je passe le ballon sur un pas, à la manière d'un trois-quart-centre de Lourdes, et je le passe à Rodriguez... C'est pourtant la 82e mn. On le sent...C'est peut être cette éducation de troisième ligne que j'ai eûe: J'ai senti que le ballon, il fallait l'écarter, plutôt que d'aller "bourriquer" (percuter) comme on le voit parfois maintenant.
Mais ca fait plaisir de voir un type comme Le Roux (ndlr: Ollie Le Roux, pilier des Sharks et des Springboks) marquer des essais...

Mais vous savez, je jouerais actuellement, je serais aussi coquin qu'eux !

Propos recueillis par
Philippe Morin


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