Interview réalisée le mardi 21 décembre à Puylaurens (Tarn)
Ugo Mola entame sa huitième saison au Castres Olympique. Il nous parle de son amour pour son club, de sa passion du rugby, et des résultats de son équipe. Rencontre avec un passionné.
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Planète Rugby : Planeterugby : Que pensez vous des résultats de la saison du CO en championnat et en Heineken Cup ? Ugo Mola : En championnat, je pense qu'avec le faux pas de Narbonne, on est dans les clous. Sur le plan comptable, on est pour l'instant à notre place. Si ce n'est qu'on laisse des points sur le match de Grenoble, à Grenoble. Et forcément, sur le match de Narbonne à la maison. C'étaient des matchs qui étaient réellement à notre portée, sans réaliser nos meilleures performances. C'est à dire qu'en étant pas forcément très bons, on aurait dû les gagner. Ce qui nous aurait apporté, avec l'un et l'autre match, huit points de plus. Huit points, si on fait les calculs, on serait premier avec trois points d'avance sur tout le monde. C'est un peu dommage. Ensuite, pour ce qui est de la Heineken Cup, on a pris un gros coup au moral sur la défaite du Munster. On a très bien attaqué la compétition, mais sur le Munster, c'est vrai que ... Je ne pense pas qu'il y ait un écart réel de trente deux points entre les deux équipes, mais c'est vrai qu'on a pris l'eau, et on a pas su faire face. Pas forcément que les avants, parce que l'on prend quatre essais sur maul porté, mais parce que je crois aussi que c'est une défaillance collective, dans le sens où on a perdu des ballons dans le tout, et là tout le monde était incriminé, et pas que les avants. On doit tous se mettre un peu à la même enseigne et se remettre dans le coup pour aller chercher une qualification, sachant que nos concurrents directs sont Glouster et sont dans la poule B, des Wasps, Biarritz et Leinster. En gros il faudrait gagner deux matchs, et au moins avec un, marquer le point de bonus avec les quatre essais. Malgré tout, sur l'ensemble des résultats, c'est un très bon début de saison, même si, comme ce week-end, on est capable du meilleur comme du pire. Et souvent, à Pierre Antoine, on a du mal à s'extérioriser.
Planète Rugby : Donc selon vous, le Co a toutes les chances de se qualifier pour les quarts de finale ? Ugo Mola : Comme je l'ai dit un peu avant, il faut prendre ce point de bonus. Il va y avoir un match très délicat contre les Harlequins à Castres parce qu'il faut qu'on marque quatre essais, et la victoire. Et à partir de là, on verra de suite, comptablement, où en sont les autres seconds. Mais si on prend pas le point de bonus, ça hypothèque sérieusement notre qualification en quart de finale. Sachant que le quart de finale, il y a de grandes chances pour qu'il soit joué à l'extérieur, donc ça complique les choses. Mais c'est une compétition alléchante et vraiment sympa, donc ce serait dommage d'avoir fait le plus dur et de ne pas se qualifier.
Planète Rugby : Par rapport à la poule unique mise en place cette saison, n'est il pas trop difficile d'enchaîner match après match ? Ugo Mola : Oui mais, je crois que c'est un passage obligé pour l'évolution de notre sport. C'est vrai que certains clubs, avec beaucoup d'internationaux font beaucoup de sacrifices. Maintenant, et souvent des clubs font le sacrifice d'aller chercher des internationaux et ils n'ont qu'à s'en prendre qu'à eux. Pour ce qui est de nous, c'est vrai qu'on enchaîne les matchs, mais maintenant, on a un effectif suffisamment riche pour faire front et pour tenir. L'objectif du club étant de se qualifier dans les six premiers et pourquoi pas, jouer une demi finale. Donc, je crois que si un, en terme de budget, deux en terme d'effectif, trois en terme d'encadrement et de structure, on se doit d'être dans les six premiers.
Planète Rugby : L'arbitrage vidéo, qu'est ce que vous en pensez ? Ugo Mola : Je trouve ça très bien. Je pense que toutes les technologies que l'on peut apporter à notre sport ne sont que mieux. Je pense que c'est une bonne chose, mais il ne faut pas que ça prenne un quart d'heure à chaque fois. Au Munster, on a joué douze minutes en plus du temps règlementaire pour vérifier sur deux essais. S'ils mettent six minutes à chaque fois, si vous avez un match où il y a beaucoup d'essais litigieux, vous allez passer la soirée sur le terrain.
Planète Rugby : L'artitrage vidéo vous aurait été bien utile lors du match à Brive ! Ugo Mola : Il aurait été utile oui ! C'est vrai que sur ce jour-là, on aurait pu ramener un match nul et recoller encore une fois au peloton de tête.J'entends par peloton de tête les trois premiers, enfin ce sont les quatre places de demi-finaliste. C'est sûr que sur un match comme ça, c'était primordial. Maintenant, il est vrai que c'est un peu à deux vitesses, parce que ce sont uniquement les matchs télévisés. Mais bon, vu l'investissement que mettent les télés dans le rugby, je pense que d'ici deux ou trois ans, ce sera monnaie courante pour tous les matchs de championnat. On sera obligé d'y venir, même si le fait qu'il y ait un arbitre supplémentaire dans les en-buts ça diminue les erreurs.
Planète Rugby : L'arbitrage vidéo n'est il pas déjà mis en place dans le championnat anglais ? Ugo Mola : Si, mais parce que tous leurs matchs ou quasiment tous sont télévisés. Puis ils sont douze, il n'y a que six matchs à téléviser. Et puis eux, en terme de moyens, c'est le jour et la nuit. Même si nous, certains clubs, notamment le notre, font l'effort de se mettre un peu à la page européenne, on est encore un peu à la traine du point de vue des stades, des structures, et même des méthodes d'entrainement. Mais on a encore beaucoup de choses à apprendre des anglais. Même s'ils restent des britanniques et que nous on pourra rarement appliquer les mêmes méthodes car il y aura toujours ce côté latin vachement présent en France, encore plus quand vous avez des argentins et autres.
Planète Rugby : Les supporters du Munster se déplacent en masse avec leur équipe. A Castres, les supporters se déplacent moins ... Ugo Mola : Oui mais il n'y a pas la même approche. Le sport, dans les îles britanniques n'a rien à voir avec le sport en France. Par exemple, en Angleterre, le mec qui réussit est pris en exemple. En France, on a tendance à le jalouser un peu et à lui trouver des défauts. Pour avoir côtoyé à Castres des irlandais ou des anglais, je peux vous dire que quand ils arrivent chez eux, ils sont réellement badés. Les gens sont vraiment supporters et fans d'eux. Et puis il n'y a pas cette jalousie qui peut exister. Je crois que ... On est comme cela et ça fait partie de notre culture. Ca changera aussi, peut-être ... Je pense que l'apport de la télévision, le fait que beaucoup de choses soient télévisées, qu'il y ait un peu plus d'ambiance dans les stades, que les matchs se jouent à une autre heure aussi. Parce que quand il fait -3°C au mois de décembre pour aller voir un match, moi le premier, si je suis pas obligé d'y aller, je suis pas sûr d'y aller. Ca me fait plaisir quand il y a mes potes qui jouent. Parce que là je peux vous dire qu'on a un super groupe et là j'y vais avec plaisir. Il y a des années où ça se passait moins bien, c'était plus dur. Après quand il y a de gros matchs, c'est vrai que c'est plus sympa. Mais un match contre Montpellier, où il pleut des cordes, où on fait pas un beau match ... Et à la sortie tout le monde sort frustré.
Planète Rugby : Comment se passe la récupération après un match ? Ugo Mola : Il y a plusieurs options. Tout dépend en fait du match qui suit. Quand je dis "le match qui suit", selon l'intervalle et le temps que vous avez entre les deux matchs. La plupart du temps, quand on joue à Castres, on fait la récupération de suite après le match. C'est une récupération active, qui permet d'éliminer notamment les premiers coups et les premiers chocs que l'on a reçu sur le match, immédiatemment après le match. Donc ça c'est la première option. Il y a la seconde option, qui est encore une option collective, c'est le lendemain du match, où là on fait une récupération ensemble au site, ça peut être un footing, une séance de musculation collective, du vélo ... C'est toujours du collectif. Et la troisième option, c'est l'option individuelle, où on est chacun chez soi, et où l'on nous préconise de, si possible aller en piscine parce que c'est là où tu récupères quand même le mieux. Il y a un peu de tout, on peut aller à l'Archipel pour ceux qui sont sur Castres, et à Calisséo pour ceux qui sont sur Toulouse. Ca reste plutôt libre et chacun fait un peu comme il veut. Sachant que maintenant, la quasi totalité des joueurs, même sans qu'elle soit organisée collectivement, fait l'effort d'aller trotiner le lendemain, de s'étirer ou de s'hydrater parce que tu y gagnes réellement dans la récupération et que c'est super important.
Planète Rugby : L'arrivée récente de Kees Meews, a t elle modifié la stratégie de jeu mise en place par l'équipe ? Ugo Mola : Pour l'instant non. Pas du tout ... C'est un pilier droit, donc il n'influe pas directement non plus sur le jeu. Même si, comme tout le monde a pu s'en apercevoir, c'est quelqu'un de très actif et qui, à mon avis, a une marge de progression au sein du CO, puisqu'il a sa carrière qui est quand même bien assise au sein du CO, a une marge de progression énorme. C'est un garçon qui a des qualités physiques exceptionnelles, mais il lui restera encore -parce que le rugby français est un rugby particulier- à s'adapter sur tout ce qui est phases de mêlées, parce que ce sont les mêlées les plus dures du monde. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les piliers qui le disent et qui sont mieux placés que moi pour en parler. C'est l'endroit où les piliers étrangers ont le plus de mal. Je pense que c'est quelqu'un qui va nous apporter énormément, notamment dans sa manière de faire, c'est quelqu'un qui est super cool, qui a un super état d'esprit, et qui est venu vraiment pour s'éclater en France.
Planète Rugby : Votre souhait pour le Castres Olympique cette année ? Ugo Mola : Jouer une demi finale en championnat et plus, je l'espère, je le souhaite vraiment. Je pense que l'on a les moyens cette année de jouer les trouble fête. On sait très bien qu'il y a quatre équipes qui sont bien armées et qui ont l'habitude de jouer des demi finales et des finales, c'est à dire Toulouse, Paris, Perpignan et Biarritz. Mais je pense qu'on a les moyens de jouer les troubles fêtes parmi ces quatre là, et pourquoi pas jouer une finale et plus ! J'ai eu la chance d'en gagner quand j'étais à Toulouse jeune. J''aimerai vraiment gagner quelque chose avec Castres parce que c'est un club qui compte vraiment beaucoup pour moi. Ne serait que pour ça, j'aimerai vraiment qu'on gagne. Ne serait ce que pour notre sponsor principal, Pierre Fabre, sans qui ce club n'existerait certainement plus ou existerait d'une autre manière. Et d'une autre manière ça peut être bien aussi, parce que chacun a son niveau et les gens se suffisent parfois à leur niveau. Mais je crois que c'est vachement important que Castres subsiste et résiste à ce niveau là. Pour l'instant, on joue plutôt dans le haut du tableau, même si pendant deux saisons ça a été très dur. Je pense qu'il ne nous manque pas grand chose pour que l'on soit pas loin d'être compétitif et à la hauteur de ces quatre équipes que je viens de citer.
Planète Rugby : Quelles sont selon vous, les qualités d'un bon arrière ? Ugo Mola : C'est le poste qui est à la fois très compliqué et très simple. Très compliqué dans le sens où il faut quasiment savoir tout faire. Et très simple dans le sens où l'on vous demande pas grand-chose, puisqu'à la limite vous êtes un peu l'électron libre de l'équipe, et vous venez si vous avez envie de venir en attaque, vous êtes le dernier rempart en défense donc, à la limite, quand quelqu'un arrive c'est que ça a été manqué avant ... C'est un poste assez paradoxal. Moi je sais que je suis arrière de formation, mais ça ne me déplait pas de jouer à l'aile. J'ai toujours joué un peu partout. Je suis amené à jouer à l'arrière plus par intérim et par le fait que Romain Teulet se soit blessé. Même si c'était mon poste de formation et que j'avais signé en tant qu'arrière à Castres. Là, pour l'instant, je le prends comme du plaisir de jouer à ce poste là. Je pense que mes qualités sont différentes de celle de Romain, différentes de celles de Glenn Metcalfe, et aussi différentes de ceux qui ont pu jouer à l'arrière comme Laurent Marticorena ou d'autres. Maintenant, je pense que selon certains matchs et selon les équipes que l'on rencontre, l'un ou l'autre est plus à propos. Et je pense que la concurrence qu'il y avait les autres années n'a plus rien à voir avec les autres années. Quand vous jouiez, vous étiez partis pour jouer tous les matchs. Là, maintenant il y a tellement de matchs qu'à la sortie, on va se partager les matchs. Et puis il n'y a plus la même tension entre nous, parce qu'on sait qu'on va tous jouer un jour ou l'autre. Le but du jeu, c'est de tous participer à l'aventure et après les meilleurs joueront si on fait une demi ou une finale. Mais le but du jeu c'est de faire face.
Planète Rugby : Qu'est ce que vous aimez dans le rugby et ce que vous aimez le moins ? Ugo Mola : Moi le rugby, ça m'a apporté beaucoup de choses. Ca m'a permis de me construire ma vie perso, ça m'a permis de rencontrer beaucoup de gens aussi. Ce sont les très bons côtés du rugby, cette convivialité, la spontanéité qu'il y a dans les rapports humains entre les uns et les autres, le fait qu'on se connaissance pas et puis le fait qu'on joue sous le même maillot, on s'entende comme si on était amis d'enfance. Ca c'est le bon côté des choses. Le mauvais côté, c'est que l'on vit en vase clos, et qu'on s'ouvre pas trop sur l'extérieur. Et, à des moments, ça fait un peu cercle fermé et ça c'est un peu dommage. Je crois que l'évolution de notre sport passe par le fait que l'on s'ouvre un peu plus aux autres et notamment aux supporters et aux gens. Il ne faudrait pas que l'on se calque sur le foot, parce qu'après, on finirait par sortir du stade, monter dans la voiture et aller dans des maisons privées et ce serait dommage. Moi je reste sur ce qui m'a fait aimer le rugby. Mes parents avaient à l'époque un bar et le siège du rugby était là. Moi maintenant j'en ai un où mes potes viennent après, et ça fait vraiment partie des choses qui me tiennent à coeur. Pierre Villepreux comparait les matchs de rugby à des guerres anthiques ou à des guerres ancestrales, où après les guerriers festoyaient et que seuls les perdants ne festoyaient pas. C'est tellement agréable de boire un coup avec les mecs, de parler de tout et de rien. Mais c'est vrai que quand les non initiés arrivent, ils nous prennent pour des extra terrestres ! Ce qui me plait dans le rugby c'est ça, ce sont tous ces à côtés et les choses de la vie qui font que les gens sont réglos et bien. Et ce qui me plait le moins, c'est ce côté vase clos où on a tendance des fois à prendre des dérives et certaines attitudes. Parce que, financièrement, l'argent est rentré dans le milieu, parce qu'il faut être de plus en plus sérieux, parce que les exigences du rugby de haut niveau sont devenues plus importantes aussi. Je pense qu'il faudrait que l'on arrive à garder cet équilibre entre le mec vachement bien dans ses baskets, bien dans sa ville et bien dans son entourage et qui est aussi un sportif de haut niveau. Et pas des extra terrestre, que des mecs que des mecs que l'on voit qu'à la télé. Pour l'instant on rest assez accessible et c'est très important.
Planète Rugby : Comment se passe la vie d'un joueur professionnel aujourd'hui à Castres ? Ugo Mola : Déjà, on s'entraine six à huit fois par semaine. Six pour les petites semaines, et huit fois quand on n'a pas de match le week end, ou quand on part la veille pour un match à l'extérieur. Si on compte bien, du lundi au mercredi, on s'est quasiment entrainé quatre à cinq fois, et il reste un voire deux entrainements supplémentaires pour le week end, la veille de match ou le match. On a une journée de libre qui est le jeudi dans les semaines classiques. On a des structures qui sont mises à notre disposition, qui sont exceptionnelles, par Pierre Fabre au Lévezou. On est vraiment dans un site super bien, où en terme de musculation, de récupération, et d'entrainement spécifique au rugby il ne nous manque absolument rien. Les semaines passent très vite, et les coachs s'attachent à nous mettre dans les meilleures dispositions pour appréhender chaque équipe en nous faisant des réunions, des séances de vidéo, des séances de lignes. Aussi les avants et les trois quarts travaillent ensemble, et puis après, de temps en temps, avant les matchs importants, des séances individuelles qui nous permettent de faire des retours un peu plus objectifs que ce que peuvent l'être certains journaux. Même si l'on est les premiers à savoir si on a été bon ou pas bon. Mais c'est vrai qu'à des moments on a besoin de se revoir parce que des fois on a des images un peu floues de l'action et là, ça nous permet de refaire vraiment un retour et les coachs s'attachent à ce qu'on le fasse régulièrement. Ils bossent beaucoup pour ça, et que ce soit devant ou derrière, il y a un gros boulot avec Michel Jacquomini, qui s'occupe des statistiques. A la sortie des matchs, on a quasiment toutes les données, que l'on mette un pied à gauche ou à droite, tout est mesuré. Et c'est bien, même très bien. C'est une très bonne évolution, même si ça nous donne pas tout. C'est intéressant pour la suite des évènements et pour la progression du joueur.
Planète Rugby : L'équipe de France, vous arrive t il d'y penser encore ? Ugo Mola : Non ... (Il marque une pause) Je crois que j'ai eu beaucoup de chance. A aucun moment je n'y ai vraiment pensé, ça m'est tombé dessus à un moment où je venais de me casser le genou, j'avais arrêté quasiment pendant dix huit mois, j'ai joué quatre ou cinq matchs avec le CO, et j'ai été pris en tournée. Ca m'est tombé un peu dessus ! J'avais été international avant de me péter le genou, mais c'est vrai qu'après le genou cassé, je ne me voyais plus du tout pareil. C'était vraiment du bonus pour moi, j'ai fait une coupe du monde, elle s'est passée comme elle s'est passée. En fait, si vraiment demain on me donnait le choix entre refaire n'importe quellle sélection et faire une coupe du monde et être champion avec le CO je dirai oui. Parce qu'on ne vit pas les mêmes choses. Avant, quand j'ai commencé le rugby on passait quatre heures par semaine avec les mecs. Maintenant, je les passe par jour ou quasiment, avec les mecs avec qui je joue. Quand ça se passe mal, ça se passe très mal, mais quand ça se passe bien, ça se passe très bien. J'ai plutôt envie d'être champion avec mes potes argentins, mes potes anglais et mes potes français, plutôt que de jouer une sélection où à la limite, si ce n'est pour l'intérêt perso et financier où je ne trouve plus l'intérêt que je trouvais avant ... Même s'il ne faut pas cracher dessus et que dans une carrière c'est un super truc. Parce que c'est aussi une reconnaissance de ton milieu. Mais ça n'a jamais été trop mon truc... Je suis resté à Castres à une époque où c'était plus délicat pour le club, où on a joué la descente pendant deux ans. J'avais des propositions pour partir, et je suis resté parce que les gens avaient été réglos avec moi, et parce que je croyais en ce club. Ce sont des moments où il n'est pas resté grand monde à Castres ... Beaucoup sont partis, et certains sont restés. Y'avait des jeunes joueurs, comme Romain Froment, Nicolas Spanghero ... Il y avait des garçons qui avaient des contacts très intéressants ailleurs, et qui sont restés parce qu'ils sont tombés sur des gens réglo. Et puis le fait d'être bien dans le club, dans la ville, et avec les gens, c'est un tout. Et pour ma part j'avais été sollicité pour partir à l'étranger, j'ai hésité, mais comme le club avait été réglo avec moi à un moment où j'avais pas été forcément très compétitif, je me devais de l'être en retour.
Planète Rugby : Quelles sont vos passions en dehors du rugby ? Ugo Mola : Ca fonctionne beaucoup par périodes en fait. Il y a des périodes où je lis beaucoup, il y a des périodes où je regarde énormément la télé, je suis un cinéphile, donc j'aime beaucoup tout ce qui se rapporter au cinéma. J'ai toujours eu aussi tendance à sortir, à manger avec des amis en dehors du milieu du rugby.
Planète Rugby : Internet, tu y vas un peu ou beaucoup ? Ugo Mola : Très peu. Là c'est la période où j'y vais, parce qu'il y a les cadeaux de noël, donc je regarde un peu à droite et à gauche. Après pour ce qu'il y est du rugby, je vais sur ton site (www.allezleco.net le site non officiel du CO, ndlr). Je vais très peu sur le site officiel du CO. J'y vais de temps en temps, quand j'ai l'occasion, donc c'est vraiment très peu. Comme je vous le disais tout à l'heure, je n'ai pas été trop épargné il y a quelques saisons, et encore moins même maintenant. Même si ça n'a plus rien à voir. Plutôt que de m'énerver devant mon ordinateur, je préférais même pas regarder ... Souvent c'est plus facile d'exprimer ce que l'on pense en mal que ce que l'on pense en bien. C'est dommage mais c'est humain. Je trouve que les gens qui font la démarche d'aller au stade, et qui après vont sur internet pour parler de ce qu'ils ont vu, je trouve super bien. Planète Rugby : Pour conclure, avez vous un message pour les supporters ? Ugo Mola : Mon message ce serait que les gens continuent d'aller sur ton site. Parce ce que je trouve ça vachement bien. Je trouve ça très important qu'il y ait quelque chose de non institutionnel, justement, où personne du CO contrôle. Où quelque chose est fait de manière un peu à la fois amateur et à la fois passionné. Je trouve cela vachement bien ! Je trouve bien que les gens donnent leurs avis après les matchs, parce que ça permet aussi de se remettre en question à des moments, ça permet aussi d'écouter, ça permet de voir des choses. Ca fait plaisir aussi de voir qu'à des moments on est soutenu. Après ce que j'aimerai dire, c'est vrai qu'à Castres depuis deux ou trois ans, on a eu des moments difficiles et qu'on ne réalisait plus de grosses performances. Parce qu'on a un stress supplémentaire lorsque l'on joue à Castres. On a tellement peur de mal faire, et c'est devenu un peu pesant. Même si c'est vrai que cette année on a fait de belles prestations à la maison. Mais c'est vrai que dès l'instant où l'on commence à bafouiller ... On aimerait tous avoir un public comme Perpignan, qui est capable de soutenir son équipe même perdante. Après je crois beaucoup aux supporters. Il y a des gens qui aiment ça, qui aiment le club. La limite c'est tant que l'on s'attaque pas à la personne, on peut tout dire. A moi, me dire que je suis pas bon sur tel point de jeu, que j'ai pas été bon sur telle action, que j'ai pas été bon sur tel match, je l'entends vraiment parce que c'est tout à fait normal de juger les gens. Parce que moi je suis amené à le faire pour d'autres personnes. Mais après il ne faut pas s'attaquer à la personne, parce que ça n'a rien à voir,et on a tous des vies différentes, on a tous eu des choses différentes dans la vie. Autant ça ne me pose pas de problème que l'on me juge sur ma vie publique de rugbyman, autant ça me pose un peu plus de problème d'être jugé sur ma vie tout court.
Astrid, pour
Plančte Rugby 2004. |
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