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Planète Rugby : Concernant la Coupe du Monde qui sest déroulée dernièrement, quavez vous pensé des performances de léquipe de France ? Jean Prat : Rien de bon, assurément. Rien de bon, pour la raison suivante : je pense que lon sest bercé dillusions après les succès fort facile contre des pays que lon ne connaît pas, comme lIrlande, qui était sur les rotules après son match contre lAustralie où vraiment ils avaient donné le maximum. Contre la France, ils sont restés dans les starting-blocks et nont rien donné de bon. Ce nest pas lIrlande quon a battu là, cest une pâle imitation. Planète Rugby : Y a t il une ou plusieurs équipes qui vous ont surpris par leurs performances ? Jean Prat : (Il marque une pause) Qui mont déçu, oui. Les Springbooks mont déçu, je les avais vu mieux partis ces gars là. Je les avais vu jouer quelques matchs dans le Tri-Nations, et ils mavaient fait bonne impression. Et puis après, dans leurs matches de la Coupe du Monde, on ne les a pas vu non plus, ils nont pas été bons. Et puis les irlandais, cest une déception terrible. Je pensais que pour un match de coupe du monde ils auraient fait des efforts mais là Planète Rugby : Que pensez vous du fait que le XV de la Rose ait remporté la Coupe du Monde ? Jean Prat : Quest ce que jen pense ?! Quils lont mérité ! Ils lont préparé très sérieusement, depuis longtemps, et ils sont arrivés au bon moment, en bonne forme. Eux, ils font leur chemin, et ça les a mené au bout. Ils le méritent ! Planète Rugby : Un des plus beaux souvenirs du FCL, cest certainement le jour où léquipe de France, composée des lignes arrières du FCL, Tarricq, Rancoule et Antoine Labazuy, ont redressé la barre dune équipe de France perdante, en battant les Wallabies australiens de belle manière (Aussi François Labazuy navait pu être sélectionné car il avait joué à XIII). Planète Rugby : Quels souvenirs en gardez-vous ? Jean Prat : Après avoir perdu contre lAngleterre, léquipe de France a été remaniée, et on a fait appel aux lourdais. A Labazuy, à Maurice Prat, à Martine, Tarricq, Rancoule, Domec et Barthe. Et jen garde un excellent souvenir, et si lon mavait demandé mon avis, et je lavais donné ! Et javais un peu insisté pour que lon fasse appel à tous ces garçons de Lourdes, ils y avaient grandement leur place et ils lont prouvé. Planète Rugby : Quels souvenirs gardez vous de léquipe de France, à lépoque où vous côtoyiez Jean Matheu, Albert Ferrasse, Guy Basquet et Jean Dauger, le génial centre de lAviron qui avait joué à XIII ? Jean Prat : Jen garde un excellent souvenir, surtout de Jean Dauger. Cétait un artiste ! Et Jean Matheu, jétais bien copain avec. Planète Rugby : Aussi, vous avez joué avec les plus grands au FCL. Des joueurs tels que Diochet Manterola, Papillon et Claude Lacaze, Jean Gachassin, le bagnérais (aujourd hui vice président de la Fédération Francaise de Tennis), et Roland Crancee, qui venait de Saint Claude, Albert Garuet, ou plus récemment de Torrossian Jean Prat : Non non, dabord je nai pas joué avec eux, je les ai entrainé. Je ne jouais plus. Et Crancee ne venait pas de Saint Claude, il est parti à Saint Claude, et venait de Bagnères. Planète Rugby : Vous étiez très lié avec Antoine Béguère, ancien joueur et président au club. P ouvez vous nous parler de cet homme qui a tout donné pour le club ? Jean Prat : Antoine Béguère, je pense que cest à lui que le Football Club Lourdais doit davoir écrit les plus belles pages de son histoire. Cest grâce à lui, et il faut le reconnaître. Il a été un président extraordinaire. Cétait un ancien joueur, il connaissait parfaitement le rugby. Il prenait des décisions, et savait faire preuve dautorité. Planète Rugby : Le FCL manque dans le Top 16. Selon vous a t il des chances de le rejoindre un jour ? Jean Prat : Pas dans limmédiat Il manque des moyens. Il ny a pas les éléments, il n y a pas de moyens financiers. Mais on ne sait pas ce qui peut arriver, et il va leur falloir beaucoup de courage. Planète Rugby :: Que pensez vous des rivalités FCL Stado Tarbais et la Section Paloise ? Jean Prat : Ca a été très virulent et très violent à un moment donné, mais cest fini maintenant. La hâche de guerre est enterrée ! Planète Rugby : Votre sentiment sur lambiance des derbies de ces années où A. Jauréguy et Roger Lerou étaient sélectionneurs ? Jean Prat
: Cétait une très bonne chose ! Jétais
très ami avec eux (rires).
Planète Rugby : Votre frère, Maurice Prat, Roger Martine et Antoine Labazuy formaient, à lépoque, « Le triangle magique ». Pourquoi cette appellation ? Jean Prat : Ils avaient de grandes qualités offensives, ils avaient aussi un paquet davants qui sétaient sacrifiés pour eux. Planète Rugby : Dans le rugby des années 1950-1960, le coaching (changement des joueurs en fin de match) nexistait pas. Que pensez vous de cette méthode ? Jean Prat : Le coaching a existé, cest moi qui ait débuté, avec léquipe de France. Donc, cest à partir de 1955-56. Planète Rugby : Toujours concernant le rugby des années 60, y a t il beaucoup de changements au niveau des ballons, des accessoires et des protections des joueurs ? Jean Prat : Les ballons sont beaucoup plus légers. Autrefois, on jouait avec des ballons en cuir, qui pompaient leau comme des buvards. Maintenant, ce sont des ballons en matière plastique, qui ne simbibent pas deau, et qui restent légers, maniables. Et pour le reste, bien sur, les pelouses sont beaucoup plus entretenues. Autrefois, on jouait dans des bourbiers, maintenant cest fini ça. Planète Rugby : Pensez vous que lévolution des règles a changé le jeu lui-même et avec lui, lesprit du jeu ? Jean Prat : Il a changé le jeu, il a changé laspect du jeu, oui ça cest sur. Le changement de règles a apporté certains avantages. Il y a des choses qui sont beaucoup plus intéressantes, plus compréhensibles par le public. Par exemple, cette histoire de la touche, quand je regarde des matches dil y a vingt cinq ou trente ans, cette touche où léquipe se propulsait en lair, cest plus propre. Autrefois, cétaient toutes les paluches qui tapaient dans le ballon et qui lenvoyaient nimporte où. Là, maintenant, ils prennent le ballon. Et puis il y a tout un tas de trucs, comme limpossibilité pour un troisième ligne de se détacher de la mêlée. Ca, ça devrait apporter pas mal, mais ça napporte pas grand-chose. Planète Rugby : Avez vous constaté une évolution dans la règle du hors jeu ? Jean Prat : Non, maintenant, ce qui est sanctionné, très souvent, cest cette position de certains joueurs. Cette histoire de plonger sous les ballons, cest plus ou moins toléré par les arbitres. Certains le tolèrent, dautres ne le tolèrent pas. Planète Rugby : Pensez vous que le troisième ligne daujourd'hui est différent ? Jean Prat : Pour un troisième ligne, il sagit toujours de défendre, de jouer au ballon, à la différence près quil a beaucoup plus de liberté. Planète Rugby : Pensez vous que le rapport de force jeu à XIII, jeu à XV soit satisfaisant ? Jean Prat : On ne se fréquente pas, maintenant les joueurs qui ont joué à XIII peuvent revenir à XV, et vice versa. Là aussi la hache de guerre est enterrée. Planète Rugby : Quels sont vos joueurs favoris, français et étrangers ? Jean Prat : Français, il y a les jeunes comme Michalak. Les joueurs que jadmire, ce sont Robinson, et Wilkinson. Ceux-là je les trouve à mon goût. Robinson, on avait le même ici avec Gachassin, cétait le même style. Je nai pas joué avec Gachassin mais je lai entrainé. Planète Rugby : Concernant le rugby actuel en France, que pensez vous de la formule du championnat, avec play offs et play downs ? Ne pensez vous pas que, comme pour le Super 12, on devrait donner des points aux clubs marqueurs dessais ? Jean Prat : Lidée est intéressante. Ca existe déjà pour le challenge sud radio et pour la coupe deurope. Planète Rugby : Après avoir mis un terme à votre carrière de joueur et dentraîneur, vers quelles activités vous êtes vous tourné ? Jean Prat
: Jai joué au golf, jai fait du ski, jai
fait de la voile, et cest déjà pas mal ! (rires). Cette
interview a été réalisée au stade Antoine Béguère,
à Lourdes (65), le dimanche 11
janvier 2004. Nous
tenons à remercier M. Stéphane Morera, M. Marc Laffitte
et M. Michel Hauser pour leur chaleureux accueil au
stade, ainsi que pour leur collaboration. |
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