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Gael Orial: "J'ai commencé par être formé à l'école de Rugby à Nantes, jusqu'à l'âge de 17 ans. J'avais fait un stage franco-allemand ainsi que des sélections, à Nantes, et Jean-Pierre Elissalde, qui s'occupait des sélections m'avait repéré. Cette année là, j'ai choisi d'aller à Castres, histoire de voir le rugby du sud-ouest. Castres venait de remonter en groupe A. Il y avait alors Francis Rui, qui jouait à l'ouverture. A la mélée, il y avait Séguier. Toutefois, étant donné mon âge, je jouais alors en junior Reichel. C'est la saison d'aprés que je suis venu à La Rochelle. J'étais toujours en contact avec Jean-Pierre Elissalde. Je ne me plaisais pas trop à Castres. Pas trop en ce qui concerne le rugby, mais au niveau de la ville. Castres, ce n'était pas extraordinaire. C'est ainsi que je suis venu à La Rochelle, plus proche de chez moi, et j'y suis resté. J'ai commencé deuxième ligne jusqu'en cadets, aprés quoi je suis passé troisième ligne centre. En junior première année, à Nantes, on a eu besoin d'un pilier, et je me suis stabilisé à ce poste là. Maintenant, c'est ce poste que je préfère. D'avantage pour le coté mélée, le défi physique. C'est un poste où l'on retrouve quelquechose qu'il n'y a pas ailleurs. Je joue à gauche uniquement. Pour des questions de physique, mais aussi pour des raisons techniques. Pilier droit ou gauche, ce sont des postes qui sont trés différents: On m'a essayé à droite, mais cela n'a jamais été mon truc. Une question de position, d'appuis. J'ai vraiment du mal à droite. C'est vrai que je suis grand, mais il y a aussi de grands piliers droits. On demande maintenant aux piliers d'être plus complets, de participer d'avantage au jeu, particulièrement en défense. Dans le jeu, on nous demande de garder les bases: nettoyage, et surtout la mélée, toujours aussi importante, et heureusement ! Notre jeu est devenu plus complet: on est beaucoup plus mobiles qu'avant. Il faut dire qu'on s'entraine beaucoup plus qu'avant, et c'est le professionnalisme qui apporté celà. J'avais au départ un gabarit, des aptitudes physiques qui me permettaient d'être mobile, et d'arriver à suivre. Mais il est vrai que pour certains, cela ne doit pas être évident que de suivre le rugby moderne. Avant, le rôle du pilier était principalement concentré autour des mélées et des touches. C'est fini, tout ca...Cela étant, je trouve que la mélée redevient importante, maintenant. Je suis arrivé, à La Rochelle, dans un club beaucoup plus ouvert que celui que Castres. Les rapports entre les joueurs, les dirigeants, c'était différent. A Castres, le groupe de l'équipe première était vraiment à part des autres équipes. Le reste du club ne connaissait pas les joueurs de l'équipe première. A mon arrivée à La Rochelle, on connaissait tous les joueurs de l'équipe première. On se cotoyait beaucoup plus. Pour moi, c'était beaucoup plus "familial", comme club. A Castres, je n'ai rencontré le président qu'au bout de six mois... Le professionnalisme nous a apporté pas mal de choses, particulièrement dans le domaine de la préparation. Toutefois, il y a des cotés moins sympas qu'avant. En ce sens que maintenant, c'est un travail: On a besoin de résultat, les rapports humains ont un peu changé. Il y a une pression beaucoup plus importante qu'avant. On s'entraine d'avantage, mais cela ne m'a jamais dérangé: C'est une question d'habitude. La différence est énorme: On est passé de trois entrainements par semaine à deux entrainements par jour. C'est énorme. L'approche du coté médical est également différente: On a un kiné à chaque entrainement, des medecins que l'on peut voir quand on veut, ce qui fait qu'on a un suivi médical beaucoup plus important. C'est là un des bienfaits du professionnalisme. Entre un grand club et un plus petit, la différence n'est pas trop grande dans ce domaine. La différence se situe d'avantage en ce qui concerne l'effectif. On se rend compte que les grands clubs ont des effectifs trés importants, avec des remplacants qui ont quasiment la qualité des titulaires, voire, dans certains clubs, pas vraiment de titulaire, comme on le voit, par exemple, à Biarritz avec une troisième ligne qui peut tourner, avec le même rendement. Dans les clubs comme le nôtre, c'est un peu le problême. On ne peut pas suivre ces clubs là dans ce domaine. Mais celà étant, nous avons la chance d'avoir de jeunes joueurs de qualité qui peuvent s'exprimer: Nous avons un centre de formation. Dans un grand club, on accepte beaucoup plus facilement la concurrence. Non pas que nous soyons un petit club, mais il est difficile d'accepter d'être remplacant le week-end. Dans un plus grand club, on accepte plus facilement d'être le remplacant d'un international. A La Rochelle, nous avons la chance d'avoir un effectif qui a évolué naturellement. On a eu un groupe de base au départ, il y a quelques années, et les changement se sont faites petit à petit: On n'a pas eû ni arrivée massive de joueurs, ni départs massifs. On a eû trés peu de départs. C'est un avantage pour l'équipe, dans le sens où l'on se "trouve" plus facilement. Même s'il y a des défauts, évidemment...On a réussi à garder un équilibre grâce à celà. Et puis, il y a un rapport entre les joueurs qu'on ne retrouve pas partout: Un rapport trés amical. Ce n'est pas uniquement un rapport professionnel: On se cotoie en dehors, on a des amis... c'est là l'un des gros avantages que l'on a par rapport à d'autres clubs. Dans un club où il y a des arrivées et des départs massifs, il n'est pas évident pour des joueurs de s'intégrer. Nos nouveaux joueurs, eux, se sont insérés dans un groupe qui fonctionnait déjà. Cette saison était bien partie, avec une victoire à Colomiers. Mais peut-être celà nous a-t-il nuit, finalement: Certains joueurs ont peut-être un peu relachés aprés. Aprés, ca n'a pas été facile. De plus, ces dernières années, nous avons eû beaucoup de chance, car nous avons souvent été "limite". On a eû de la chance sur certains matches...On était souvent invaincus à la maison, ce qui nous donnait confiance. la chance a un peu tourné. On a perdu certains matches d'un point alors que d'autre années, on les aurait gagnés. On a eu un parcours difficile, avec un manque de chance. On a pris des coups au moral et on a un peu perdu la confiance. malgré cela, même si c'est un peu tard, on retrouve, en cette fin de saison, un peu de cette confiance qu'on a pas eû toute cette saison. Le changement d'entraineur, je ne peux pas trop en parler: Jean-Pierre Elissalde était un peu fatigué (il l'a dit), et son message ne passait pas avec certains joueurs. Nous nous sommes améliorés en touche; quant à la mélée, on retrouve des sensations qu'on avait un peu perdues. On avait un peu abandonné ce secteur du jeu. pas au niveau des entraineurs, mais plutôt au niveau du collectif. La liaison avants-trois-quarts pourrait sans doute être améliorée. Et puis, peut être, arriver à garder le même rythme tout au long du match: Ne pas avoir des baisses de régime. Car nous avons parfois de baisses de régime, et je crois que c'est là notre gros défaut: On encaisse beaucoup de points à ce moment-là, et cela nous porte tort. Physiquement, on a pas mal travaillé, ce qui fait qu'on retrouve un deuxième souffle. Il y a toujours une période de la saison où l'on connait un moment de flottement. En général vers décembre et janvier. On revient souvent mieux vers la fin de la saison. Cette année, je ne sais pas ce que cela va donner, mais n'ayant pas un effectif énorme, il y a des joueurs qui fatiguent." . Propos recueillis au café de la
poste à La Rochelle le 10 mai 2002 par Philippe
MORIN |
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