Les interviews Plančte Rugby

Romain FROMENT

 

Poste 3ème ligne

Né le 26 mai 1977 à Clamart

Taille 1 m 84, Poids 100 kgs

Formé au club de Clamart

Clubs successifs : Clamart, Stade Français, Castres Olympique

Club actuel : Castres Olympique


Le Castres Olympique espère bien jouer la première place de la poule»"
Propos recueillis par Astrid, à Puylaurens (Tarn), le jeudi 29 avril 2004.


 

Formé au club de Clamart, Romain Froment est ensuite parti jouer au Stade Français où il est resté quatre ans, avant d'atterrir au Castres Olympique. Il a réussi à se faire une place parmi l'équipe, et dans le coeur des supporters. Au terme d'une belle saison, avec son club , et à la veille des matchs des play offs, Romain nous livre ses impressions sur le championnat et la future coupe d'Europe, mais aussi son sentiment sur la poule unique qui ces derniers temps secoue pas mal tous les esprits.

Planete Rugby : Le Castres Olympique va bien, même très bien, compte tenu qu'elle est la première équipe qualifiée pour la prochaine H-Cup. Quelle stratégie de recrutement, le club a t il mise en place pour la saison prochaine ?

Romain Froment : Au niveau du recrutement, c'est très simple, le club cherche quelques joueurs précis à des postes bien précis. Je crois qu'il faut renforcer un petit peu devant deux trois mecs, derrière, aller chercher un petit peu de vitesse, et il (le club) a fait signer un dix et un troisième ligne. Je pense surtout que ça va être surtout dans cette première ligne, que ça va être des bons joueurs, qui soient au niveau, et qui fassent avancer l'équipe principalement.

Planete Rugby : Après avoir battu l'ASM chez eux et être venus à bout de columérins en quête de points, et à la veille des matchs des play offs, dans quel état d'esprit se trouve l'équipe ? Comment va t elle aborder les phases finales du championnat ?

Romain Froment : Déjà, on voudrait finir premier de la poule, donc l'état d'esprit, c'est aller gagner à Brive, dans un état d'esprit plutôt conquérant, et après on verra comment ça va se passer. Aborder les play offs, c'est tout nouveau pour nous, on sait pas trop ce que ça va donner, il y a six matchs, ça va très vite. Si on a la chance d'être sur une bonne pente ascendante, et engranger des points de suite, on pourra rêver à mieux, et je pense que les deux premiers matchs vont être déterminants pour la suite de la saison. Quoiqu'il en soit, on a atteint des objectifs qui étaient quand même élevés, compte tenu des résultats de l'année dernière et d'il y a deux ans. On se qualifie, on joue la première place de la poule, et quand on voit le niveau de la poule qu'il y avait, c'est une énorme composition pour cette année.

Planete Rugby : Pourtant, certains pensent que si vous perdez à Brive, vous éviterez les plus grands, style le Stade Toulousain ou Biarritz ...

Romain Froment : Biarritz a perdu à la maison, donc ça change un petit peu la donne. De toute façon, moi je ne pense pas que ce soit plus difficile de gagner contre Toulouse que contre Béziers. A un moment donné, il faut être réaliste, Béziers gagne tous ses matchs de deux, trois points, ils ont un jeu assez particulier, et je pense que nous, on peut très bien battre une bonne équipe du Stade Toulousain. A la limite, je préfère battre de grosses équipes pour être prêt pour la demi finale, plutôt que de battre des équipes soi-disant moins grosses, et après arriver en demi-finale pour prendre une correction, ça ne sert à rien, autant être prêt.

Planete Rugby : Pouvez vous nous dire ce que vous avez ressenti lorsque vous avez inscrit le second essai du match contre Montferrand, essai qui allait assurer l'équipe de sa qualification pour les play offs ?

Romain Froment : Et bien déjà je savais que ça nous ferait gagner, gagner là-bas même si deux autres équipes l'avaient déjà fait cette année, ça reste une très grosse performance. En plus, eux, ils avaient impérativement besoin d'une victoire pour pouvoir espérer, et se préparer correctement à leurs matchs de phases finales. Cela prouve que l'on est une bonne équipe et que l'on a les qualités nécessaires pour figurer dans ce championnat, et le finir correctement.

Planete Rugby : Votre souvenir le plus marquant de la saison ?

Romain Froment : Incontestablement, la victoire dans le challenge Sud Radio. Même s'il a été beaucoup décrié, je crois que c'est là que l'équipe a commencé à se construire. On gagne dans les arrêts de jeu, après avoir été mené assez nettement à la mi-temps. On a su avoir une réaction d'orgueil, on a su construire cette victoire jusqu'à la dernière seconde, et il est vrai qu'au coup de sifflet final, il y a eu une énorme satisfaction.

Planete Rugby :: Quel est votre sentiment sur la poule unique à seize clubs, votée par la Ligue, pour la saison 2004-2005, et sur la poule à quatorze clubs pour la saison 2005-2006 ?

Romain Froment : Je trouve que c'est une évolution importante du rugby, parce que l'on va commencer à avoir un championnat lisible, un championnat qui sera beaucoup plus équitable, à mon avis. Toutes les équipes se rencontreront, il n'y aura plus deux poules à deux vitesses comme il y avait cette année. Et puis cela permettra de récompenser toutes les équipes sur l'ensemble de la saison et de faire en sorte que toutes les équipes puissent rencontrer tout le monde. Pour les partenaires, ce sera mieux et pour les supporters aussi. Le seul petit bémol qu'il y aura cette année, effectivement, c'est que ça va faire beaucoup de matchs, et d'un autre côté, ça va permettre de lancer des jeunes joueurs, ça va permettre également de voir de nouvelles têtes, et pourquoi pas, de fournir des nouveaux talents au championnat.

Planete Rugby : Quelles équipes voyez vous arriver dans les phases finales (à part le Castres Olympique, bien sûr !) ?

Romain Froment : (il rit) Je pense qu'il n'y aura pas un gros bouleversement. Tous les ans, il y a Biarritz, il y a Toulouse, Paris je ne sais pas si cette année ils y seront, mais je ne pense pas qu'il y aura un gros bouleversement.

Planete Rugby : Selon vous, le Stade Français va t il réussir à se qualifier ?

Romain Froment : Je pense que peut-être il va se qualifier, mais bon, je pense pas qu'on efface autant de grandes maladresses sur des matchs de play offs. J'espère au moins que l'on aura l'opportunité de disputer une demi finale !

Planete Rugby : Quelles sont, selon vous, les qualités d'un troisième ligne ?

Romain Froment : Je connais ses défauts (rires) ! Je dirai en général qu'il n'est pas assez rapide, ou pas assez adroit pour jouer derrière, ou alors qu'il aime trop le jeu d'avants pour jouer derrière. Après, les qualités, elles sont simples, il faut être coureur, il faut avoir une pma (volume aérobic) assez importante. Il faut pouvoir couvrir du terrain, il faut pouvoir apporter des solutions, être plutôt plaqueur. Après, cela dépend du profil du troisième ligne que l'on recherche. A Castres, nous avons la chance d'avoir des troisièmes lignes complémentaires, quelle que soit l'équipe alignée. Ca permet d'élargir un peu les facettes de ce qui est fait sur le terrain. Je pense qu'objectivement, que c'est l'un des postes importants dans une équipe, parce que c'est lui qui va réguler la continuité de l'attaque et de la défense.

Planete Rugby : Qu'est ce que vous aimez dans le rugby et ce que vous aimez le moins ?

Romain Froment : Ce que j'aime, c'est, par exemple, gagner à Montferrand, et se délecter dans les vestiaires. Ce que j'aime le moins, c'est perdre à la maison contre Paris ou Biarritz, et avoir du mal à sortir la tête du sac.

Planete Rugby : Quels souvenirs gardez vous de votre période passée au club de Clamart, et après au Stade Français ?

Romain Froment : De Clamart, je garde un très bon souvenir. Je crois que c'était du rugby entre copains, après l'école, le mercredi. Moi, j'ai vécu de très bons moments là bas. C'est vrai qu'après il a fallu toucher au haut niveau. A Paris, je garderai un souvenir très particulier. On a été champions de France juniors avec une équipe qui avait été vraiment programée pour ça. Dès le début de la saison, l'objectif, c'était d'être champions. Puis, il y a beaucoup de joueurs qui après ont joué en équipe première, il y a eu vraiment une continuité, il y a tout un enchainement de choses très bonnes pour nous, et puis un président très particulier et extraordinaire.

Planete Rugby : Que pensez vous, justement, du rugby en Ile de France ?

Romain Froment : Je pense qu'il y a beaucoup de bons joueurs, mais pas assez exploités à mon goût. Je crois que les problèmes qui se posent là-bas, sont totalement différents des problèmes de la province. Il n'y a pas trop de commodités pour aider les jeunes à faire du sport, surtout du rugby. C'est un sport qui est très peu médiatisé, qui est très peu mis en avant, et au delà de ça, je crois qu'il y a quelques clubs qui font un gros travail de formation, et qui font sortir de bons joueurs. Dans le championnat de France, il y a pas mal de parisiens. A mon avis, il y a un vivier extraordinaire, je crois que c'est le plus gros comité de France, et ça m'a fait plaisir de débuter là.

Planete Rugby : Que conseilleriez vous aux jeunes qui souhaitent faire carrière dans le rugby ?

Romain Froment : De faire des études. Je pense qu'objectivement, faire du rugby, c'est bien, mais tient des fois simplement à un rien, qu'il faut qu'ils fassent les sacrifices nécessaires pour continuer à aller en cours et surtout ne pas arrêter l'école. Il faut ouvrir les yeux et être réaliste.

Planete Rugby : A côté du rugby pratiquez vous d'autres activités ?

Romain Froment : J'ai monté une petite boîte, qui s'appelle "FromentConseils", qui est une société de gestion patrimoniale. J'apporte des solutions en terme de défiscalisation, en terme d'investissements immobiliers, et je pense que ce sera mon activité future, avec quelques évolutions que j'ai en tête. Cela pour essayer de me diversifier, de préparer l'avenir, pour essayer de mettre des choses en place.

Planete Rugby : A côté du rugby, pratiquez vous un autre sport ?

Romain Froment : J'essaie de faire un petit peu autre chose. J'aime bien plonger l'été, j'aime bien faire un petit peu de golf aussi.

Planete Rugby : La reconversion, y pensez vous déjà ou est ce encore trop tôt ?

Romain Froment : Oui, bien sûr que j'y pense ... J'ai déjà monté quelque chose. Après, je pense que je ne vais pas m'arrêter là. J'ai d'autres idées dans la tête pour "FromentConseils", et peut-être d'autres envies d'investissement, en fonction des gens avec qui je peux m'entourer.

Planete Rugby : Pour conclure, avez vous un message à faire passer aux supporters castrais ?

Romain Froment : Que c'est difficile de gagner tous les matchs, même à la maison contre Colomiers. Qu'il est important que eux soient là pour nous encourager, et que ça nous ferait plaisir qu'ils prévoient une enveloppe supplémentaire pour les phases finales pour nous suivre !


Astrid, pour Plančte Rugby 2004.

 

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