Quart de finale 1
NOUVELLE
ZELANDE
Date : Samedi 8 novembre 2003
Melbourne - Docklands Stadium
Arbitre : M. Tony Spreadbury (Ang)
AFRIQUE
DU SUD

Entraîneur:
John Mitchell

15 Mils Muliaina
14
Doug Howlett - 13 Leon MacDonald - 12 Aaron Mauger - 11 Joe Rokocoko
10
Carlos Spencer - 9 Justin Marshall
8
Jerry Collins -7 Richie McCaw - 6 Reuben Thorne (cap)
5 Ali Williams - 4 Chris Jack
3 Greg Somerville - 2 Keven Mealamu - 1 Dave Hewett.

Remplaçants: 16 Mark Hammett, 17 Kees Meeuws, 18 Brad Thorn, 19 Marty Holah, 20 Steve Devine, 21 Daniel Carter, 22 Caleb Ralph.


Entraîneur:
Rudolf Straeuli

15 Jaco van der Westhuyzen
14 Ashwin Willemse - 13 Jorrie Muller - 12 De Wet Barry - 11 Thinus Delport
10
Derick Hougaard - 9 Joost van der Westhuizen
7 Danie Rossouw - 8 Juan Smith - 6 Corne Krige (C)
5
Victor Matfield - 4 Bakkies Botha
3
Faan Rautenbach - 2 John Smit - 1 Christo Bezuidenhout

Remplaçants : 16 Richard Bands - 17 Danie Coetzee - 18 Selborne Boome - 19 Schalk Burger - 20 Neil de Kock - 21 Louis Koen - 22 Jaque Fourie


PRESENTATION

Le quart de finale à sensations: d’abord quelle qu’en soit l’issue un grand du rugby mondial quittera la compétition, ensuite il est bien difficile d’en prévoir le vainqueur.

Certes, les All Blacks sont invaincus face aux Springboks depuis la saison 2000 (six victoires consécutives) et cette année ils les ont étrillés chez eux à Pretoria 52 à 16 en leur marquant sept essais. Certes les Sud-Africains ont encore monté une équipe de bric et de broc au dernier moment, retenant un ouvreur de vingt ans non titulaire dans sa province, un arrière qui n’était pas du squad initial, un autre arrière à l’aile et un pilier de trente-trois ans qui n’avait guère fait parler de lui auparavant. Et pourtant… le supporter néo-zélandais tremble. Et tout cela à cause des Gallois.

Alors que tout le monde attendait que les Blacks dévorent les hommes au poireau tout crus, c’est une drôle de soupe à la grimace que ceux-ci leur ont donné à ingurgiter. Certes ce match n’a pas eu l’air d’ébranler la sérénité de John Mitchell qui s’est déclaré ravi de cette opposition enfin « sérieuse » qu’il attendait depuis le début de la Coupe du monde. Mais sans l’avouer, il doit tout de même être passablement agacé par les trente-sept points encaissés par ses poulains. Il n’est point de défense aussi pitoyable soit-elle qui ne se travaille et on peut faire confiance aux Blacks pour rectifier le tir dans ce domaine. Reste tout de même le problème de la conquête. Une fois encore, les « tout noirs » ont péché dans ce domaine. Bougés en mêlée, imprécis en touche (un ballon pris en touche par le deuxième ligne gallois Cockbain sur lancer néo-zélandais a amené l’essai de Shane Williams), bousculés dans les regroupements, la partition dans ce domaine contre les Gallois a livré de nombreux couacs même s’il y eut du mieux en fin de match.

Or il est probable que les Springboks (on se demande toujours pourquoi l’Afrique du Sud a choisi une gazelle comme emblème quand on voit son style de jeu) vont vouloir mettre une grosse pression sur les avants All Blacks. C’est là que sont leurs forces avec un cinq de devant de gros tonnage et un alignement impressionnant. C’est le seul domaine où ils se savent (ou croient) supérieurs aux Néo-Zélandais car côté trois-quarts il n’y a pas photo. Leur seule chance de l’emporter est de priver les Spencer, Howlett, Muliaina et autre Rokocoko de ballons car ils n’ont guère dans l’ordre de la créativité et de l’imprévisibilité que le louvoyant Ashwin Willemse à leur opposer.

Le seul problème pour les Boks c’est que reculer devant ne gêne pas les Blacks. Cela ne les empêche pas d’attaquer. Ils sont tout aussi dangereux avec un mauvais ballon loin de l’en but adverse qu’une équipe en surnombre offensif peut l’être à trois mètres de la ligne d’essai. Les Blacks peuvent perdre six ballons en touche, se faire remuer en mêlée et reculer de trente mètres sur des mauls progressant, cela ne les perturbera pas. Un ballon perdu ou un jeu au pied imprécis et c’est la rafale en sens inverse.

Pour battre les Blacks, les Boks ne peuvent pas se contenter de dominer devant, ils doivent au sens littéral du terme les priver de ballons par une conservation exemplaire et un jeu au pied on ne peut plus précis. Il faudra aussi que leurs troisièmes lignes aillent déplacer le combat vers les attaquants Spencer-Mauger-MacDonald, loin d’être une garantie tous terrains en défense, plutôt que d’aller se risquer à une guerre de tranchées au ras avec Thorne, McCaw et Collins. Sinon…

Didier Lasserre


RETOUR