COMPTE-RENDU
Verts
pâles et magie noire
La
Nouvelle-Zélande s’est qualifiée sans coup
férir pour les demi-finales au détriment de l’Afrique
du Sud au terme d’un match qu’elle a dominé
du début à la fin.
Alors
qu’on attendait que les avants Boks et les trois-quarts
All Blacks se mettent en évidence, ce sont les avants
Blacks qui ont finalement posé leur grosse patte sur
la partie, notamment lors d’une seconde mi-temps à
sens unique remarquable de maîtrise de la part des «
tout noirs ». On ne peut pas dire que les Néo-Zélandais
ont pris les Sud-Africains à leur propre jeu car ces
derniers n’en ont proposé aucun et ne semblent
d’ailleurs pas en posséder un. Sans l’engagement
devant et la (saine) agressivité en défense qui
avaient caractérisé leur match contre l’Angleterre,
ils ont seulement pu couper les extérieurs à l’attaque
Black qui dès lors s’est engouffrée au ras
des regroupements et au niveau du numéro 10.
A
ce jeu là, un homme s’est particulièrement
mis en évidence : le demi d’ouverture Spencer.
« Magic » Carlos a multiplié les prises d’intervalle
et les pénétrations face à son jeune adversaire
de vingt ans le pauvre Hougaard, bien abandonné par sa
troisième ligne, qui a plus vu son numéro que
le blanc de ses yeux. Directement à l’origine de
l’essai de MacDonald par une franche percée, il
nous a gratifié d’une passe entre les jambes de
la meilleure eau pour offrir l’essai à Rokocoko.
Ce magnifique one man show ne saurait toutefois occulter la
remarquable prestation des avants Blacks. Excellents dans l’alignement
où ils n’ont perdu qu’un ballon, solides
en mêlée, ceux-ci ont multiplié les départs
au ras et les progressions dans l’axe dans le sillage
de leur indestructible numéro 8 Collins (qui paraît-il
souffrait des côtes) et de leur remuant talonneur Mealamu.
La question d’avant match de savoir si le pack néo-zélandais
était à la hauteur de l’événement
est réglée : et comment qu’il l’est
!
Une
autre corde à l’arc des Néo-Zélandais
qui n’ont pas eu besoin de leurs flèches des lignes
arrière pour l’emporter. Ce n’est pas forcément
une bonne nouvelle pour leurs futurs opposants. Pendant ce match
tout un chacun a pu faire le constat que l’équipe
All Black est on ne peut plus complète dans toutes ses
lignes. Seule la prestation moyenne de MacDonald dans le domaine
des tentatives de coups de pied pourrait occulter le tableau.
Mais on se demande si les Blacks ont besoin de ça pour
continuer leur irrésistible marche en avant.
Quant aux Springboks, ils ont paru se résigner au fur
à mesure de l’avancement de la partie, leur «
formidable » cinq de devant étant le plus souvent
aux abonnés absents (on n’a pas vu Botha et on
n’échangerait pas les 116 et 125 kilos de Bezuidenhout
et Rautenbach contre les 103 de Jeannot Crenca) et la troisième
ligne a paru bien orpheline de Skinstad et de Van Niekerk. Quant
aux arrières…
Didier Lasserre |