PRESENTATION
Remember
1991
Ainsi donc, l’Australie et l’Angleterre s’affronteront ce samedi
à Sydney en finale de la cinquième Coupe du Monde. Les Wallabies,
Champions du Monde en 1991 et 1999, sont les premiers tenants
du titre à atteindre la finale de l’édition suivante et, dès
lors, les premiers à pouvoir réaliser un inédit doublé. L’Angleterre,
qui représente un hémisphère Nord désespérément vierge de titre
mondial jusqu’à présent, accède à sa seconde finale après 1991.
Pour la première fois, l’affiche de la finale n’est pas inédite.
Ces deux équipes s’étaient déjà opposées à ce stade à Twickenham
en 1991. Détail amusant, il y a dans le parcours des deux équipes
de troublantes coïncidences avec leur parcours de l’époque.
Il y a douze ans, les jeunes Wallabies de Bob Dwyer n’avaient
pas été malheureux de battre in extremis l’Irlande avant de
vaincre sans coup férir la Nouvelle-Zélande en demi-finale tandis
que les Anglais avaient également éliminé l’équipe de France
sur la route menant à la finale. Un autre douloureux souvenir
pour le rugby tricolore. Comme il y a 12 ans, l’Angleterre se
présente en position de favori. Il est toutefois peu probable
que l’équipe anglaise renouvelle son erreur d’alors en se lançant
dans un jeu débridé contre nature.
Logique sportive
Quant bien même ce ne furent pas les deux équipes les plus impressionnantes
du premier tour, il n’est pas illogique de retrouver le XV de
la Rose et le pays hôte en finale. Classées respectivement n°1
et 3 mondiale - tant par l’IRB que chez les bookmakers - à l’orée
de la Coupe du Monde, ces deux équipes ont ensemble battu
toutes les autres équipes du Top 10 mondial au cours de la compétition.
Nouvelle-Zélande (n°2), Irlande (n°4), Argentine (n°7) et Ecosse
(n°9) pour l’Australie, France (n°5), Afrique du Sud (n°6),
Samoa (n°8) et Galles (n°10) pour l’Angleterre. Ne cherchez
pas, il ne manque aucune nation majeure parmi les battus. Une
étonnante coïncidence de plus !
Que peut-on attendre de cette finale ? Sur le plan de l’enjeu,
il n’y a pas mieux puisque le rugby mondial bat désormais au
rythme quadriennal des Coupes du Monde. Sur le plan du jeu,
c’est évidemment moins engageant. Du moins à priori. Comme les
Anglais ont coutume de le rappeler, le rugby est un sport de
combat et non pas une discipline de spectacle à l’instar du
patinage artistique. Pas faux. Même si les esprits chagrins,
et dieu sait que l’ovalie n’en manque pas !, regretteront l’absence
en finale d’une équipe historique (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande)
ou de ces «imprévisibles » français toujours capable du meilleur
comme du pire, l’opposition supposée de style entre ces deux
formations, la présence du pays hôte et l’antagonisme séculaire
entre ces deux nations devraient enflammer le Telstra Stadium
de Sydney. Pour autant que les cieux soient cléments !
Les forces en présence
Sans être flamboyante, l’Angleterre a fait preuve de maîtrise
sous la pression tout au long de la compétition, malmenés qu’ils
ont été par l’Afrique du Sud, les Samoa ou les Gallois, parvenant
à deux reprises à inverser un score défavorable à la mi-temps
et s’imposant à chaque fois avec au moins une dizaine de points
d’écart. La marque des grandes équipes, celles qui n’ont pas
besoin de bien jouer pour gagner. C’est incontestablement le
cas des Anglais qui peuvent s’appuyer sur quelques certitudes
: un pack souverain, une conquête performante, un buteur fiable,
une grande maturité tactique, une confiance inébranlable, l’expérience
indispensable des grands rendez-vous et des vertus morales au-dessus
de la moyenne.
Dans la maison d’en face, c’est moins clair. Certes, l’Australie
possède toujours une défense de fer, des individualités capable
de faire la différence (Tuqiri, Sailor), un entraîneur stratège
reconnu, une préparation exclusivement orienté vers ces deux
dernières semaines de compétition, une charnière expérimentée
qui - au sommet de sa forme - est sans égal, un buteur lui aussi
fiable, l’avantage du terrain (à quatre reprises le pays hôte
a atteint la finale - pour deux titres - jusqu’à présent) mais
il y a, encore et toujours, comme un doute autour de cette équipe.
On pensera bien sûr à ce jeu de ligne parfois imprécis mais
aussi et surtout à la jeunesse et à la relative inexpérience
de son pack.
Car l’une des clefs du match, celle qui fait couler le plus
d’encre assurément, concerne la capacité qu’auront les avants
australiens à contrer son homologue anglais tant en conquête
que dans le jeu. Si dans Hamlet Shakespaere faisait déclamer
«être ou ne pas être » à son héros, Eddie Jones et Clive Woodward
lui préféreront sans doute un plus actuel «avoir ou ne pas avoir
»…le ballon. Pour occuper le terrain adverse ou pour jouer et
pousser l’adversaire à la faute.
Le pack australien au sein duquel il n’y a plus qu’un seul
survivant de 1999, Giffin, et encore, sur le banc a soufflé
le chaud et le froid depuis le début de la Coupe du Monde. Le
chaud, lorsque contre toute attente, il a tenu tête aux redoutés
avants argentins lors du match d’ouverture avant de dominer
le pack néo-zélandais en demi-finale. Le froid contre l’Irlande,
avec une incroyable faillite en conquête qui faillit être préjudiciable
aux tenants du titre. De là à pouvoir rivaliser, sinon contrer,
les avants d’Albion, il y a un pas … que les bookmakers n’ont
pas franchis.
En effet, pour les professionnels des paris, l’Angleterre s’avance
avec l’incontestable étiquette de favori (65 % / 35 %). Outre
la constance dans ses (bons) résultats, le XV de la Rose reste
sur quatre victoires consécutives contre l’Australie, dont le
dernier il y a 5 mois à Melbourne, et sur dix succès face aux
équipes du Tri-Nations ! De « Swing low, sweet chariot » ou
« Waltzing Matilda », lequel sera le tube de l’été austral ?
Qui de Martin Johnson ou George Gregan soulèvera la Coupe Web
Ellis ? Faites vos jeux !
Yannick Dubois
- Présentation de notre correspondant anglais -
A neuf heures samedi matin, heure anglaise, tout le pays se
regroupent devant le petit écran pour voir si le quinze de la
rose décroche la coupe William Webb Ellis. Le soutient du peuple
sera avec les boys de Martin Johnson dans cette ultime bataille
contre les Australiennes ce pays qui dans le passer à fait pleurer
les anglais sur les champs sportifs. Bien sur les anglais veulent
prendre leur revanche pour la défaite en finale a Twickenham
en 1991 et pourquoi pas dans le jardin australien ou les anglais
triomphent pour la première foi cet été en test match.
Je ne crois pas que les anglais de 2003 se laissent prendre
psychologiquement comme l'équipe de Carling fut en 1991. En
face l'équipe de Farr-Jones fut meilleur que celui de Gregan
certes avec les gars comme Campese, Lynagh et Horan dans les
rangs.
Le paquet d'avants des anglais et la base de la confidence des
roses. Je suis personnellement très fier de voir dans le XV
du Start, les deux piliers Vickery et Woodman de ma région cornouaillaise.
Nous sommes ravis de savoir que deux des nôtres frôlèrent la
pelouse samedi surtout dans un pays ou a travers les siècles
plusieurs de chez notre coin s'émigrent pour trouver du travail
dans les mines de l'or la bas.
L'engouement est énorme, samedi sera comme un jour de fête.
Les club houses de rugby s'ouvrent le matin pour offrir le petit
déjeuner a l'anglaise avant le match, avant que toute le monde
retourne vers l'écran géant pour voir le match. Le temps de
fêter la victoire ou de se consoler en cas de défaite avant
de tourner la tête pour regarder la rencontre quotidienne qui
se déroulera à 14h.30 !
L'entraîneur Clive Woodward rappellent Mike Tindall au poste
du centre pour remplacer Mike Catt, normal avec un joueur comme
Stirling Mortlock en face. Autrement c'est l'équipe type. Il
ne faut par attendre un match spectaculaire seul le résultat
compte et je ne serai pas surprise si la totalité des points
anglais sera inscrite une foi de plus par la botte du numéro
10 Jonny Wilkinson.
Samedi soir je pense que la coupe William Webb Ellis sera enfin
entre les mains d'une équipe de l'hémisphère nord, destination
Twickenham !
Bill Hooper
Côte
PR : Angleterre 55 % - Australie 45 %
Les dix dernières confrontations entre les deux équipes :
21 / 06 / 2003 Australie - Angleterre 14-25 Melbourne
(Colonial Stadium)
16 / 10 / 2002 Australie - Angleterre 31-32 Londres (Twickenham)
10 / 10 / 2001 Australie - Angleterre 15-21 Londres (Twickenham)
18 / 10 / 2000 Australie - Angleterre 19-22 Londres (Twickenham)
26 / 06 / 1999 Australie - Angleterre 22-15 Sydney (Stadium
Australia)
28 / 10 / 1998 Australie - Angleterre 12-11 Londres (Twickenham)
06 / 06 / 1998 Australie - Angleterre 76-0 Brisbane (Lang
Park)
15 / 10 / 1997 Australie - Angleterre 15-15 Londres (Twickenham)
12 / 07 / 1997 Australie - Angleterre 25-6 Sydney (Football
Stadium)
11 / 06 / 1995 Australie - Angleterre 22-25 Cape Town
Les résultats des finales de Coupe du Monde :
20 / 06 / 1987 Nouvelle Zélande - France 29 - 9 Auckland
(Eden Park)
02 / 10 / 1991 Australie Angleterre 12 - 6 Londres
(Twickenham)
24 / 06 / 1995 Afrique du Sud Nvl-Zélande 15-12 Johannesburg
(Ellis Park)
06 / 10 / 1999 Australie - France 35-12 Cardiff (Millennium
Stadium)
|