Demi-finale 1
NOUVELLE
ZELANDE
Samedi 15 novembre 2003
Sydney - Telstra Stadium
Arbitre : M. Chris White (Ang)
AUSTRALIE

Entraîneur:
John Mitchell

15 Mils Muliaina
14
Doug Howlett - 13 Leon MacDonald - 12 Aaron Mauger - 11 Joe Rokocoko
10
Carlos Spencer - 9 Justin Marshall
8
Jerry Collins -7 Richie McCaw - 6 Reuben Thorne (cap)
5 Ali Williams - 4 Chris Jack
3 Greg Somerville - 2 Keven Mealamu - 1 Dave Hewett.

Remplaçants: 16 Mark Hammett, 17 Kees Meeuws, 18 Brad Thorn, 19 Marty Holah, 20 Byron Kelleher, 21 Daniel Carter, 22 Caleb Ralph.


Entraîneur:
Eddie Jones

15 Matt Rogers
14
Wendell Sailor - 13 Stirling Mortlock - 12 Elton Flatley - 11
Lote Tuqiri
10
Stephen Larkham - 9 George Gregan (C)
7 Phil Waugh - 8 David Lyons - 6 George Smith
5
Justin Harrison - 4 Nathan Sharpe
3
Ben Darwin - 2 Brendan Cannon - 1 Bill Young

Remplaçants : 16 Jeremy Paul - 17 Alastair Baxter - 18 David Giffin - 19 Matt Cockbain - 20 Chris Whitaker - 21 Nathan Grey - 22 Joe Roff


PRESENTATION

Ainsi donc la demi-finale commandée d’avance Australie/Nouvelle-Zélande aura bien lieu. Il s’en est fallu de peu, les Irlandais ayant décidé de mettre leur grain de sel dans le menu concocté par les organisateurs. Deux points de plus et c’était l’Irlande (ou l’Ecosse) qui était promise aux boulimiques All Blacks. Mais comme lors de la Coupe du monde 91 qui les avaient vus gagner 19-18, les Australiens, embrouillés au possible par la soif d’exploits des Celtes, ont gagné d’un petit point. L’Histoire, qui repasse souvent les plats, n’a pas voulu que le petit Poucet terrasse l’Ogre (ou présumé tel).

Retour de bâton, l’Australie va en trouver un, d’ogre, sur sa route et un gros. La Nouvelle-Zélande a faim de victoires et d’essais et nourrit de grosses ambitions que seize ans de disette en Coupe du monde depuis son titre en 1987 ont engraissés. N’avoir que des miettes à son palmarès comme la finale de la Coupe du monde 95, deux Tri-nations sur trois ou la place de premier par l’ordinateur de Zurich machin ne nourrit pas son All Black. Il en veut plus. Beaucoup plus. Ses quarante-cinq essais marqués jusque-là ne l’ont pas rassasié et d’avoir mangé tout cru le pack sud-africain pas davantage. Il veut porter la Coupe à ses lèvres même si le mauvais goût de poireaux laissé par son dernier match de poule a un temps laissé croire qu’il en était loin. Son match contre des Springboks bien faibles du jarret a confirmé que tous les ingrédients étaient réunis. Il a montré à tous ceux qui faisaient la fine bouche la consistance de son jeu d’avants, avec un pack de huit soudé et costaud qui a permis à ses demis de se faire mousser, libérés de la pression adverse. Les avants se sont régalés et un instant on a pu croire que les Blacks avaient l’intention de resserrer la vis et de fermer les vannes de l’attaque pour la suite de la compétition. Il n’en est heureusement rien. Le kiwi veut toujours battre de l’aile (ce qui est remarquable) et avec des clients comme Rokocoko et Howlett il aurait bien tort de nous sevrer. Il est cependant à espérer que le buteur MacDonald ne nous resservira pas son indigeste prestation.

Reste toutefois une question. Le Wallaby, très peu prisé actuellement, peut-il rebondir ? Piqué au vif par le chardon, il est certain qu’il va vouloir sortir le grand jeu ne serait-ce que pour faire taire les nombreux critiques qui n’apprécient guère ce qu’il nous sert depuis le début de la compétition. Sans faire la fine bouche, force est de constater que son jeu manque de liant, il semble dilué dans une addition de talents qui ne parviennent pas à jouer ensemble. Les avants, insipides en mêlée et en touche face aux Ecossais, ne semblent qu’un agglomérat peu à même de peser sur un match. Loin d’avoir le jeu parfaitement huilé des Blacks, les Australiens vont encore (beaucoup) compter sur leurs treizistes survitaminés Sailor, Tuquiri et Rogers mais malgré toutes leurs qualités et leurs efforts la sauce ne prend pas. Contre l’Ecosse, les Wallabies n’ont marqué que sur contres et grâce à l’attitude arbitrale de mauvais goût de ne pas voir les passages à vide. Il est à espérer pour eux et la qualité du match qu’ils retrouvent la recette du jeu qui avait failli faire leur succès à Auckland en août dernier (défaite 17 à 21) car s’ils reproduisent leurs prestations des derniers matches il leur faudra accommoder les restes que voudront bien leur laisser les Blacks.

Didier Lasserre (Auteur du livre "All Blacks 1987-2003")


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