Coupe du Monde de Rugby 2003
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Coupe du Monde de Rugby 2003
La Coupe du Monde 2003
du 10/10 au 22/11/2003
 
ACTUALITÉ
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LA COMPÉTITION
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RESULTATS/CLASSEMENTS

Par Laporte, par la petite porte...

Ca y est, c'est fini. Le seul évènement d'envergure mondial impliquant notre sport s'achève donc aux antipodes, et verra deux des équipes favorites s'affronter en Finale.

Que peut-on dire de cette compétition ? Eh bien, mon humble avis est qu'elle fût sans surprise: Comme dans les précédentes éditions, les petites nations ont été les faire-valoir des grandes, en montrant néanmoins un fort bon état d'esprit malgré un calendrier défavorable, et les nations du Pacifique ont apporté aux yeux des spectateurs habitués au rugby des vieilles nations fondatrices un air d'exotisme qui fait réver d'une universalité qui se refuse encore au monde restreint de l'ovale.

En se concentrant d'avantage sur les chances de l'équipe de France, on peut dire que le résultat des bleus était, lui aussi, sans surprise: Les Anglais, vainqueurs du dernier tournoi des Six Nations, étaient (dixit Bernard Laporte) favoris, et les champions du monde Australiens, déjà deux fois vainqueurs, défendaient leur titre chez eux, malgré une prestation médiocre en début de compétition comme dans le tri-nations 2003.

Objectivement, les Bleus de 2003 font moins bien que ceux de 1999. Bernard Laporte en était le patron. Bernard Laporte est un entraineur entrainant, passionné, qui a su, aprés ses succés à Bègles et à Paris, emmener l'équipe de France à gagner le grand chelem, et à battre, épisodiquement les Anglais et les Néo-Zélandais, ce qui n'est pas une mince affaire, comme il le rappelle lui-même assez souvent. Il a sû exiger et obtenir des moyens, humains et matériels, dont ses prédécesseurs n'ont pas eû la chance de disposer en leur temps. Mais surtout, il a sû, par une disponibilité médiatique contrastant avec d'autres entraineurs, se concilier la bienveillance des médias à son égard.

Perdre une demi-finale de coupe du monde face à l'Angleterre, ça peut être honorable. Perdre la "consolante" face aux légendaires "All Blacks" de Nouvelle-Zélande, il n'y a pas à en rougir. Oui, mais voilà: L'honneur n'y était pas, et l'encadrement des bleus a trahi l'esprit du sport...

Car sitôt la cuisante et méritée défaite face à l'Angleterre, ce fût la débandade dans les esprits, et on ne peut pas dire que les chefs ont donné l'exemple:

Il fût désolant de voir un grand joueur comme Fabien Galthié, deux heures à peine aprés la défaite de son équipe, renoncer à participer à la petite finale, en donnant à son renoncement le sens de l'adoubement de Yachvili comme successeur (ou quasi). Avant de commencer la coupe du monde 2007, ne doit-on pas d'abord quitter la coupe du monde 2003, comme il se doit, en portant haut nos couleurs ? A noter que, depuis, un motif personnel, (compréhensible, lui) l'a obligé à quitter l'Australie avant la fin de la compétition. Un grand joueur sort par la petite porte.

Ce qui ne fût pas, par contre, une surprise, c'est le retournement des obsevateurs Français autour de l'équipe de France et d'un certain conformisme: L'équipe d'Angleterre était favorite, mais elle était peut-être "prête trop tôt", les Australiens étaient "moins bons qu'il y a quatre ans", les All Black, "ce n'est plus ce que ça a été". Les Francais, eux, "montaient en puissance" et Frédéric Michalak était le petit magicien de cette compétition. La finale était en vue...

Il n'est pas honteux d'avoir cru tout celà: Ce qui est dommage, ponctuellement, c'est de mettre le naufrage collectif face aux anglais sur le dos d'un jeune joueur. Il s'en remettra. Egalement dommage qu'à force d'analyse vidéo du jeu adverse, on n'ait presque oublié que les conditions climatiques font partie du jeu, comme l'arbitrage. C'est dommage, mais ce n'est pas honteux.

Ce qui est regrettable, c'est qu'on quitte cette compétition par la petite porte, et là, la responsabilité de l'encadrement des "Bleus" est entière: On ne peut pas parler d'un groupe de 30 joueurs, et avoir en tête une "équipe type" d'une part, et une "équipe bis", (autoproclamée, par auto-dérision, "toasties"), par ailleurs... Or, ce fût effectivement le cas.

Dans ce contexte, faire jouer la consolante (face à la "grande équipe" des All Black), par une "équipe bis" n'ayant rencontré que les Etats-Unis, c'est non seulement irresponsable, mais c'est indigne: Les All-Blacks, tous les rugbymen du monde rèvent de les rencontrer un jour (demandez aux minimes de votre club favori). On ne respecte pas les "tous noirs" en agissant de la sorte. Or, on l'apprend à l'école de Rugby comme un fondamental: Il faut toujours respecter l'adversaire. Les Samoans, eux, avaient montré ce qu'est le respect de l'adversaire, tant devant les Sud-Africains que devant les Anglais.

L'idée de "faire jouer les jeunes pour préparer l'avenir", c'est bidon, car il y aura bien d'autre matchs pour ça ! La Coupe du Monde ne sera finie qu'aprés la finale ! Face aux Blacks, il faut aligner "les meilleurs" ! (notez les guillemets). Les Allblacks, ce ne sont pas les Barbarians, tout de même ! Les All Blacks, et c'est peut-être là la différence avec "nous", c'est qu'ils respectent tous leurs adversaires.

Avec une telle mentalité, on aurait peut-être mieux fait, coté Français, de déclarer forfait dés samedi dernier, et rentrer à Roissy. Ca me fait penser à ces entraineurs du Top 16 qui, par souci tactique, alignent les espoirs face aux équipes qu'ils estiment supérieurs, au détriment du public et de l'esprit du sport.

Dommage que ce manquement ternisse l'image de la France face à une équipe mythique. En cela, le système FFR est peut-être condamnable. Doit-on laisser à un seul sélectionneur la responsabilité d'une décision impactant l'image mondiale du rugby Francais ? Jo Maso n'est-il pas là-bas pour veiller à ce que ce genre de polémique ne se pose pas ? Pour moi, Laporte, dans son ambition (sans doute légitime), et a mal réagi à la défaite de samedi dernier. Mais le représentant de la FFR dont le rôle est d'empêcher l'homme de nuire au système, c'est le manager général... et là, Jo Maso a failli.

La réaction de Laporte est celle d'un passionné déçu, et donc, elle est humaine et je crois qu'il a encore à apprendre les règles de ce niveau...Son ascension a été trés rapide, et si j'implique plutot le manager dans cette petite sortie, c'est parce que je veux comprendre ce qu'il fait là-bas s'il ne peut pas empêcher cela...

Que ces deux hommes de valeur restent ou non à la tête du XV de France importe finalement assez peu, car notre pays ne manque pas d'hommes de valeur qui ont le sens du rugby, de la gestion des hommes et du jeu, et dans le respect de son esprit.

Philippe Morin, le jeudi 20 novembre 2003, aprés France-Nouvelle Zélande, et avant la finale.

 

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